Gantry 5

 

N° 916 12/03/2025  Le thème de l’Initiative d’aujourd’hui : Comprendre et soutenir la lutte de libération nationale du peuple palestinien s’inscrit dans les analyses et le soutien que le Parti Révolutionnaire Communistes a toujours apporté à la lutte du peuple palestinien.
En 2001, lors de la seconde intifada quand Sharon bombardait Gaza, nous écrivions : « L’histoire montre que les peuples auxquels les grandes puissances veulent imposer leur loi par la force luttent jusqu’à leur indépendance quel qu’en soit le prix. On l’a vu avec le Vietnam et l’Algérie. On le voit aujourd’hui avec la lutte du peuple Palestinien. Le combat du peuple Palestinien pour le droit à la liberté et à un État national est un combat légitime. Un peuple qui se bat pour être libre se bat jusqu’au bout. Ni les bombes, ni les assassinats, ni l’invasion du pays par une armée étrangère ne peut réduire un peuple à l’esclavage.  La libération de la Palestine doit être un combat universel, le combat de tous les peuples contre l’oppresseur et ceux qui le soutiennent ».
La déclaration du Parti Révolutionnaire Communistes au lendemain du 7 octobre qualifiait l’évènement d’action militaire légitime de la résistance palestinienne et reconnaissait le droit du peuple palestinien à lutter contre l’oppression, la colonisation, l’apartheid. Le Parti Révolutionnaire Communistes apporte tout son soutien à la résistance palestinienne, dans les formes qu'elle se choisit.
De notre point de vue, la lutte du peuple palestinien est une lutte de libération nationale qui s'inscrit dans les luttes anti-impérialistes face à une situation coloniale
L’action du 7 octobre a déclenché dans les media et chez les politiciens un déferlement de désinformations, de commentaires, qualifiant l’action de la résistance palestinienne d’acte terroriste et appelant Israël à une riposte forte. Macron, le 12 octobre, dans une Adresse aux Français déclarait : « La France condamne de la manière la plus ferme ces actes atroces. Disons-le clairement. Le Hamas est un mouvement terroriste. Le Hamas cherche avant tout la destruction et la mort du peuple d’Israël. C’est une guerre menée par des terroristes contre une Nation, un pays, une société, des valeurs démocratiques. Nous avons assuré Israël et son peuple de notre solidarité sans faille et de notre soutien dans sa réponse légitime aux attaques terroristes. Israël a le droit de se défendre. Nous savons que la seule réponse au terrorisme, la seule possible, est toujours une réponse forte et juste, forte parce que juste ».
 
« Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?  Qui est responsable ? ».
Ces deux questions essentielles doivent être posées. Questions balayées par les pays impérialistes, les politiciens et les media qui condamnent d’une seule voix « l’action terroriste du Hamas ».
Pour bien comprendre ce qui se passe aujourd'hui, il faut regarder en face les origines et les enjeux de l’idéologie sioniste
Nous ne prenons pas l’évènement du 7 octobre comme un fait en soi, mais comme un épisode d'une guerre qui dure depuis 75 ans et prend racine dans l'histoire longue d'une colonisation de remplacement de la Palestine, où le choix du gouvernement colonial israélien avec le soutien actif des puissances impérialistes occidentales est l'annexion pure et simple de toute la Palestine, parsemée de quelques ghettos après l'expulsion et le massacre des palestiniens.
Israël impose depuis 17 ans un blocus aérien, terrestre et maritime qui paralyse l'économie et la situation humanitaire, réduisant chaque jour un peu plus l'espace vital des Palestiniens.L’État sioniste colonisateur massacre systématiquement un peuple, occupe le territoire palestinien, bombarde le pays, envoie ses chars, ruine l’économie, réduit le peuple à la misère, détruit les maisons, les écoles, les entreprises, les bâtiments officiels.C’est cette politique de violence qui est responsable de la violence de la situation avec toutes ses conséquences tragiques, ces victimes innocentes.
Le 7 octobre a réaffirmé la primauté de la lutte palestinienne à un moment où elle semblait ne plus figurer à l’ordre du jour de la communauté internationale.
Pour Le quotidien israélien Haaretz « Le désastre qui a frappé Israël lors de la fête de Simchat Torah est clairement la responsabilité d’une seule personne : Netanyahu. » et accuse la politique d'annexion et de dépossession menée par le pouvoir : « Le Premier ministre, qui s'enorgueillit de sa vaste expérience politique et de sa sagesse irremplaçable en matière de sécurité, n'a absolument pas identifié les dangers vers lesquels il conduisait consciemment Israël en établissant un gouvernement d'annexion et de dépossession, en nommant Bezalel Smotrich ministre des finances et Itamar Ben-Gvir ministre de la sécurité nationale à des postes clés, tout en adoptant une politique étrangère qui ignorait ouvertement l'existence et les droits des Palestiniens ».
La responsabilité de Netanyahu et de son gouvernement fasciste est claire, comme est claire celle des terroristes qui ont gouverné Israël depuis sa création :
Ben Gourion, Menahem Begin et Itzhak Shamir, qui ont appliqué à la lettre la politique du père fondateur du sionisme : Theodor Herzl, qui en 1897 a fixé comme but à l’Organisation sioniste, la création d’un « État des juifs »1 en Palestine et de Josef Weitz, chef du département Colonisation de l’Agence juive, qui, en 1940, précise « il doit être clair qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Nous n’atteindrons pas notre but si les arabes sont dans ce pays. Il n’y a pas d’autres possibilités que de transférer les arabes d’ici vers les pays voisins - tous. Pas un seul village, pas une seule tribu ne doit rester ». La charte du Likoud, le parti de Netanyahu stipule, « Le droit du peuple juif sur la terre d’Israël est éternel et indiscutable » et « entre la mer et le Jourdain, il n’y aura que la souveraineté israélienne ».
Si les juifs étaient un peuple sans pays, la Palestine n’était pas un pays sans peuple. À la fin du XIXe siècle, près d’un demi-million de Palestiniens vivaient entre le Jourdain et la mer Méditerranée. La question de la présence des populations arabes, largement majoritaires dans la zone où devait s’édifier l’État juif, se posait déjà. Les sionistes ne sont pas venus en Palestine pour vivre avec leurs voisins, leur but était de créer « l’État juif » allant du Jourdain à la mer.
Les frontières d’Israël non jamais été établies. Netanyahu, avant le 7 octobre 2023 a montré une carte, à l’Assemblée générale des Nations Unis, dans laquelle il avait inclus non seulement les territoires palestiniens occupés mais aussi les territoires occupés au Liban et en Syrie.
Les bases idéologiques et politiques du sionismesont claires : le sionisme est un colonialisme de remplacement, d’expulsion des populations présentes afin de réaliser une unité de peuplement par des juifs. Comme l’affirmait
Ben Gourion :  " Ce pays (la Palestine), ne fut jamais la seule et unique patrie d'autres peuples que le peuple juif »,
Ariel Sharon « Le sionisme n’a jamais prôné la démocratie, mais la création en Palestine d’un État juif appartenant à tout le peuple juif et à lui seul ».
La feuille de route de Netanyahu et de ses complices, c’est l’occupation de tout ce qui constitue le mythique "Grand Israël"
Israël a adopté depuis des années un régime d’apartheid. C’est bien une opération de nettoyage ethnique à laquelle se livre l’État d’apartheid et l’armée sioniste, avec de manière de plus en plus évidente, le soutien appuyé de forces spéciales des Etats-Unis, par le financement et l’armement des USA et le soutien politique sans faille des puissances impérialistes occidental dont la France.
Ce ne sont pas seulement les ministres fascistes, mais tout le gouvernement de l’État sioniste qui a pour but avoué de se débarrasser du plus possible de Palestiniens, y compris en Cisjordanie, en les expulsant, qui en Égypte, qui en Jordanie, en en tuant le plus possible et en condamnant à l’obéissance absolue et à une condition de sous-citoyens ceux qui resteraient.
Ni le Likoud, ni ses alliés ne prononcent jamais le mot de Palestinien, pour eux, ce peuple n’existe pas, ce ne sont pas des hommes : Menahem Begin déclarait déjà « Les Palestiniens sont des bêtes marchant sur deux pattes » et Yitzhak Shamir « Les Palestiniens devraient être écrasés comme des sauterelles... leurs têtes fracassées contre les rochers et les murs »).
La colonisation de remplacement n'a pu se réaliser, durer et se développer, que parce que c’est aussi l’objectif de l’impérialisme pour s’assurer la domination dans une zone stratégique entre l’orient et l’occident.
 
Solution à deux États
Avec le cessez-le-feu, la « solution à deux États », conformément à la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies, reprend du poil de la bête. C’est un leurre, un écran de fumée destinés à protéger Israël et ses commanditaires de toute responsabilité et à forcer les Palestiniens à négocier leurs droits au lieu de se battre légitimement pour changer la réalité injuste.
De la partition de la Palestine au génocide orchestré par les impérialistes, en passant par les accords d’Oslo, l’histoire a montré à maintes reprises que les Palestiniens sont appelés à renoncer à leurs droits fondamentaux.
Oslo, en 1993, devait ouvrir la voie à la création d’un État palestinien en l’espace de cinq ans (soit en 1998), en contrepartie de la renonciation par l’OLP à la lutte armée. Cette concession majeure, sans pareille dans les annales de lutte des mouvements de libération nationale, s’est révélée contre-productive et Oslo, un grand marché de dupes.
De Rabin, partisan d’un sous-État croupion, subordonné à l’État colonial, à Sharon qui voulait envoyer tous les Palestiniens et Arabes Israéliens en Cisjordanie ou à Gaza, derrière un mur, on a vite compris qu’un véritable État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale ne verrait jamais le jour. Depuis que Netanyahu dirige le gouvernement, la chose a le mérite d’être claire. Il a carrément enterré la solution à deux États, avec l'accord et le soutien des USA et de leurs valets. La feuille de route de Netanyahu et de ses complices, c’est l’occupation de tout ce qui constitue le mythique "Grand Israël", en créant quelques ghettos palestiniens cernés par les colonies, comme à Hébron ou Jénine, comme cela se fait déjà à Gaza : les bantoustans de l’État de l’Apartheid.
 
Une paix juste :
La Paix dans cette région du monde, ne sera pas possible tant que l’État sioniste, qui a mis en place un apartheid et qui pratique l’épuration ethnique existera sous la forme qui est la sienne. Le seul avenir possible est que les populations juive et arabe vivent côte à côte dans un État unique laïque.
Et pour aller sur ce chemin, il faut commencer par exiger, dans un premier temps, le cessez-le-feu immédiat à Gaza, l’ouverture d’un accès humanitaire, la fin des meurtres de Palestiniens et des exactions des colons en Cisjordanie, mais aussi le départ des troupes d’occupation, le démantèlement des colonies en Cisjordanie, le droit au retour de tous les réfugiés et un État palestinien indépendant.
L’existence d’un État colonial empêche une telle paix. Les travailleurs d’Israël ne peuvent être libres s’ils ne rompent pas avec le sionisme et continuent de se trouver objectivement dans le camp des colonisateurs.
Il faut un État où tous les habitants jouissent des mêmes droits et puissent vivre ensemble, quelle que soit leur origine, en l’occurrence, un État palestinien démocratique. La lutte de libération nationale du peuple palestinien a besoin d’un réel soutien politique et d’actions de solidarité internationaliste. Et pour la France, comme ailleurs, les Révolutionnaires, doivent combattre leurs capitalistes, cela commence par la lutte politique contre le soutien de l’impérialisme français à l’État colonial sioniste.
Cela passe par la mise en place effective de sanctions économiques internationales contre le gouvernement d’Israël et non par un soutien inconditionnel à cet État d’apartheid, par une mobilisation internationale massive de tous ceux qui condamnent le massacre des Palestiniens. Des dizaines de milliers de travailleurs dans le monde mènent déjà des actions de blocage des envois d’armes, c’est une lutte juste, qui doit s’amplifier. Le boycott doit s’étendre à toutes les entreprises qui commercent avec Israël.
 
« Le génocide a commencé à la création d’Israël. » (Georges Ibrahim Abdallah)
A la suite de la plainte déposée par l’Afrique du Sud avec 14 pays devant la Cours Internationale Justice, accusant Israël de violer la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans son assaut militaire à Gaza. Le tribunal des Nations Unies a considéré que « l’opération israélienne comporte un risque sérieux de génocide » et conclut que « l’opération israélienne est menée avec l’intention de commettre un génocide ».
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, cette décision constitue un point d’appui. Pour la première fois, une instance internationale condamne un État du bloc occidental, et pas n’importe lequel, l’État colonialiste sioniste. Le choix de faire appel à la Cour de Justice de l’ONU était habile, car Israël reconnaît cette Cour et a donc été obligé de se défendre. Sa présence, que ses dirigeants le veuillent ou non, valide la décision de la Cour.
Il ne s’agit pas d’être naïf, l’État d’apartheid sioniste n’est pas tombé. Il est encore debout. Mais l’apartheid en Afrique du Sud ne s’est pas effondré seulement grâce à l’une ou l’autre décision de justice. Ce système d’oppression du 20ème siècle est tombé grâce à l’action des peuples, en même temps qu’un boycott international, en même temps qu’une série de défaites militaires régionales de l’armée sud-africaine d’apartheid face aux Cubains en Angola. C’est tout cela, mis ensemble, qui a conduit à la chute de l’apartheid sud-africain. Pour la fin du colonialisme et de l’apartheid israéliens, ce ne sera pas différent. Cela devra passer par le même processus global, et au sein de celui-ci, ce premier verdict de la CIJ, reste une première pierre de l’édifice.
 
La Répression des mouvements de soutien à la lutte des palestiniens
Depuis le début de l’offensive génocidaire d’Israël à Gaza la répression du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien et de plus en plus forte, interdiction de manifester, poursuites judiciaires, tribunes outrancières en condamnations pénales pour « apologie du terrorisme », les attaques pleuvent de toute part et cherchent à isoler les militants.
Georges Ibrahim Abdallah en est un exemple
Georges Ibrahim Abdallah, communiste libanais a résisté à l’invasion du Liban par les troupes de l’entité sioniste en 1978 et a défendu la résistance palestinienne, est depuis 41 ans un prisonnier politique. Le 15 novembre, Le tribunal d'application des peines a accepté sa onzième demande de libération. La cour d’appel de Paris a reporté au 19 juin la décision sur sa libération, estimant nécessaire qu’il fasse « un effort conséquent d’indemnisation des parties civiles », en particulier les États-Unis ! Georges Ibrahim Abdallah a toujours dit « que jamais il n’indemnisera les États-Unis qui envoient les bombes sur les enfants palestiniens et libanais, c’est clair, c’est net, c’est précis ».
 Jamais, le mouvement de soutien et de défense à Georges Ibrahim Abdallah n'a été aussi fort ni aussi élargi qu'aujourd'hui ! L'ensemble des initiatives prises chaque jour, partout est également une démonstration du rapport de force, qui ne cesse de se renforcer et de se durcir. Et ce malgré la répression qui, par tous les moyens : annulation de meetings de soutien, interdiction de la manifestation à Lannemezan en 2023, à Paris le 19 février, interdiction systématique des manifestations à Rennes ; Le gouvernement, cherche à bâillonner le soutien à notre camarade et plus largement à son combat pour une Palestine libre. Poursuivons, donc, plus que jamais notre mobilisation, sur tous les fronts, dans la diversité de nos expressions. Et intensifions, amplifions, coordonnons toujours plus cette campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah car jamais, la victoire n'a été aussi proche !
 
Le 19 Juin Georges Ibrahim Abdallah doit être définitivement libéré !
Le soutien au peuple palestinien doit prendre une tournure plus offensive face à la volonté affichée par Israël avec le soutien actif des USA de déporter les palestinien de Gaza, d'annexer la Cisjordanie et d'occuper une partie du Liban et de la Syrie, mais aussi la volonté des pays arabes autour de l'Égypte de prendre le contrôle de Gaza pour de fait éliminer la résistance armée et donc désarmer les palestiniens.
En éclairant, l'histoire de la Palestine moderne, nous avons la volonté de montrer que la résistance du peuple palestinien est légitime, faisant partie de ceux qui en soutiennent le combat, dont la direction et les objectifs sont l'affaire du peuple palestinien lui-même.
Le Parti Révolutionnaire COMMUNISTES soutient la lutte de libération nationale du peuple palestinien, son droit à un État sur le territoire historique de la Palestine et le droit au retour pour tous les réfugiés. Il exige du gouvernement français la rupture des relations diplomatiques avec Israël et des sanctions économiques, mais nous savons que c’est seulement par la lutte que nous obtiendrons ce résultat.
Les peuples algérien et vietnamien ont défait l’impérialisme, l’apartheid a été vaincu en Afrique du sud.
Aujourd’hui : Palestine vivra Palestine vaincra
1. Theodor Herzl, L’État des juifs : contribution à une solution moderne de la question juive, 1896
Notre brochure
brochure
 
Bulletin d'adhésion
bulletin d'adhésion
 
Affiche
affiche