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N° 960 15/01/2025  Des nouvelles du réel en Palestine à l’heure du « cessez-le-feu » : le génocide se poursuit et nos media couvrent les sionistes
Il n’y a pas plus de cessez-le-feu que de beurre en broche ! L’armée d’occupation sioniste le viole en permanence. Plus de 450 Palestiniens dont au moins 165 enfants ont été tués dans la Bande de Gaza, depuis le 10 octobre, date de l’entrée en vigueur de la pseudo trêve.
Au sud de Rafah, totalement sous contrôle de l’armée d’occupation, on en est aux préparatifs de la construction d’un vaste camp de concentration censé accueillir les Gazaouis déportés, baptisé « zone verte ».
L’expulsion des Palestiniens de leurs maisons, le vol de celles-ci et des terres, le meurtre ou le kidnapping par l’armée sont monnaie courante en Cisjordanie. Mais, désormais ces pratiques s’étendent à des zones officiellement sous contrôle de l’Autorité Palestinienne dont les « forces de sécurité regardent ailleurs lorsque cela se produit.
La loi sur la « peine de mort pour les terroristes » votée par la Knesset, va permettre de pendre sans jugement des détenus Palestiniens. Rappelons que près de 90 prisonniers palestiniens sont morts au cours de leur détention depuis le 7 octobre 2023.
Et tout cela, bien sûr dans le silence assourdissant des media en France. Les quelques allusions au génocide qui pouvaient exister avant le soi-disant cessez-le-feu ont fait place à un vide sidéral, comme si tout était redevenu normal en Palestine. Le traitement H24 de la situation en Iran, avec des images provenant des USA pour la plupart, dont une bonne partie générée par l’IA et diffusées à volonté montre bien qu’il s’agit de volonté politique. Les images de Gaza dévastée, des exactions et massacres commis par l’État colonial sioniste sont nombreux depuis deux ans et demi. Mais nos media au service du Grand Capital occidental refusent de les diffuser.
En particulier, personne n’évoque l’interdiction par l’État colonial sioniste de l’accès de 37 organisations humanitaires refusant le contrôle de l’occupant. Un dernier épisode est bien entendu également caché : Imane Maaroufi, infirmière française, déjà allée deux fois à Gaza depuis octobre 2023 a été refoulée par l’armée d’occupation au terminal de Rafah, alors qu’elle était avec une organisation validée par l’État colonial sioniste !!! Nous savons tous ce que cela signifie : la volonté de l’entité sioniste de poursuivre sans témoin le génocide, d’empêcher par tous les moyens la survie des Gazaouis. Mais, cela n'intéresse pas nos media qui déshumanisent les Palestiniens.
 
Les ânes de Gaza et la bonne conscience animaliste occidentale
Dans un article du 12 janvier, le quotidien Le Monde, peu suspect de sympathie au sujet de la libération nationale palestinienne évoque le « sauvetage » d’ânes venus de Gaza par une association de l’entité sioniste et d’autres implantées en Europe et notamment en France.
L’article commence ainsi : « Depuis 2022, Sharon Cohen, qui est à la tête d’une association qui recueille les animaux en souffrance près de Tel-Aviv, soustrait les ânes à leurs propriétaires palestiniens, qu’elle juge coupables de maltraitance. Elle les envoie vers le continent européen dans des refuges, faute de place dans le sien. Une initiative qui suscite l’indignation au regard de la dramatique situation humanitaire à Gaza. ».
Les ânes sont des animaux de trait essentiels pour la vie des Gazaouis travaillant la terre et même pour les autres quand les moyens de transports manquent dans le cadre du génocide aggravé. Mais les soldats de l’armée d’occupation, ciblant des enfants et tirant sur tout humain qui bouge recueillent des ânes affamés et les sortentde l’enfer de Gaza.
Ces initiatives ont commencé avant la riposte palestinienne du 7 octobre 2023. Accusés faussement de tuer les ânes pour le commerce de leur peau, en direction de clients chinois, les Gazaouis propriétaires d’ânes se les font voler depuis 2022.
En novembre dernier, la chaîne Al-Jazeera a souligné le deux poids deux mesures : « L’Allemagne a accueilli des ânes évacués de Gaza. Mais elle bloque l’entrée d’enfants palestiniens qui ont besoin d’une évacuation médicale. » En réalité, Sharon Cohen organise le vol des ânes de Gaza, tandis que deux millions de civils déplacés par l’armée d’occupation errent d’un bord à l’autre de l’enclave, à pied et sur des charrettes tirées par des bêtes faméliques.
Des soldats stationnés dans l’enclave se mettent à recueillir des chiens errants, des chats… et des ânes. Voici ce qu’en dit l’auteur de l’article : « Ces animaux s’approchent de leurs positions, à la recherche de nourriture. Certains sont abattus, mais d’autres sont récupérés et confiés à la ferme Shanti, dans le nord d’Israël. Le chauffeur de ce refuge, Roni Livnat, rencontré le 11 juillet 2024, a même livré trois jours avant à la frontière une demi-tonne de croquettes premium, par paquets de 23 kg, à des soldats qui nourrissent des chiens dans Gaza. Au même moment, des habitants affamés étaient contraints de manger de l’herbe et du fourrage. ».
Un soldat de l’armée d’occupation résume crûment la pensée générale des colons de l’entité sioniste : « Je suis désolé, mais je ne trouve pas la force d’avoir des sentiments pour les Palestiniens qui souffrent. Mon cœur est plus ouvert aux animaux ». Ce triste individu conduit une ambulance dans la zone contrôlée par l’armée, loin des Palestiniens et clôt très vite le débat : « Ici, nous n’avons que des animaux à sauver ».
Mais le sort des humains Gazaouis n’émeut pas plus que les sionistes les soi-disant défenseurs des animaux. Le Monde évoque Emeline Convers « la fondatrice d’une jeune association de « médiation animale », qui orchestre des interactions "positives" entre hommes et bêtes, pour l’éducation des enfants ou la thérapie. » ; elle a signé un contrat avec Shanon Cohen et recueille des ânes de Gaza. Avec une certaine ironie, l’auteur de l’article conclut dans une forme de dénonciation de ces défenseurs du « bien-être animal » : « Emeline Convers sait que leur présence en France soulève de l’indignation. D’autres petites associations ont reçu des commentaires en ligne : ils sont accusés de profiter de l’horreur de Gaza, à l’heure où les tempêtes d’hiver inondent les tentes de déplacés qui manquent de tout, en bord de mer. Mais Emeline Convers n’a pas de site Internet. » ; tout est dit, ou, tout au moins, suggéré.
 
La guerre idéologique menée par les sionistes
Nous le disons fréquemment, le soutien à la libération de la Palestine est criminalisé en France. Notre camarade Alex, dont nous publions le discours lors du rassemblement de soutien avant sa comparution au tribunal le 13 janvier dernier n’en est qu’un exemple. L’universitaire François Burgat, spécialiste de l’islam et poursuivi pour sa défense de la libération de la Palestine a vu son procès en appel repoussé au 29 avril. Voici son commentaire : « A l’instigation des officines telles que l’OJE (Organisation juive européenne), le CRIF (conseil représentatif des institutions juives de France) ou autre LICRA, le harcèlement judiciaire des voix propalestiniennes se poursuit avec une rare arrogance et une rare indécence. […] Quelques premières relaxes montrent toutefois que les piliers de la propagande israélienne vacillent. Elles montrent que l’édifice de mensonges construit par ceux qui usurpent régulièrement le banc des parties civiles alors qu’ils devraient se trouver sur le banc des accusés, est inéluctablement en train de se fissurer. ».
Mais ces organisations ne se contentent pas du combat judiciaire. Elles cherchent partout à effacer tout ce qui pourrait contribuer à dénoncer la colonisation et le génocide. Ainsi la LICRA a déniché dans un ouvrage destiné aux révisions des lycéens de terminale publié par Hachette, cette phrase insupportable pour le récit sioniste : « à la suite de la mort de plus de 1 200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la bande de Gaza, plongeant la région dans une crise humanitaire. ». Le mot qui ne convient pas est bien sûr, celui de « colon ». La LICRA a dénoncé le manuel, Macron lui a emboîté le pas et Hachette a présenté des excuses. Nos journaux comme à l’habitude, ne sont pas en reste. Florilège.
Pour Marianne : « L’émotion est à la hauteur de la faute. Dans des manuels de révision du bac, des civils israéliens assassinés par le Hamas ont été qualifiés de « colons ». Une dérive sémantique lourde de sens, qui interroge sur la rigueur et la responsabilité de l’édition parascolaire. D'autant plus que les éditeurs veillent habituellement au grain, car ces ouvrages rapportent gros financièrement. ». Notons que rien n’explique en quoi c’est une dérive, sauf l’argument d’autorité.
Après avoir complaisamment cité Macron ressortant le bon vieux qualificatif d’antisémite : « Un manuel de révision du baccalauréat qui falsifie les faits : c’est intolérable. Comme tout relativisme sur les attentats terroristes et antisémites du Hamas du 7 octobre », Libération, qui n’a pas peur de l’incohérence nous explique que tous les morts n’étaient pas juifs. Mais, surtout, sa défense du récit sioniste est évidente : « les habitants des kibboutz, principalement visés par l’attaque, ne sont pas des colons, ces communautés agricoles ayant été reconnues par l’ONU dès 1947 comme faisant partie du territoire israélien ». Comment passer sous silence que l’entité sioniste est un État colonial, quoi qu’en dise l’ONU, dont le rôle en 1947 n’a rien de glorieux, bien au contraire. Le journaliste de Libération oublie-t-il qu’en 1947, il existait, à l’emplacement des kibboutz, 16 villes et villages palestiniens qui ont été rasés et leurs habitants chassés ? Ou peut-être l'ignore-t-il pas et cela ne l’intéresse pas.
Nullement en reste, Le Monde évoque : « Une erreur grave qui interroge sur le processus de fabrication de ces ouvrages de révision. ». Et adopte exactement le même point de vue que Libération tout en pointant, peut-être involontairement, ce qui fait mal aux sionistes et à leurs zélateurs : « Une telle formulation laisse en effet à penser que les villages et les kibboutz attaqués par le Hamas et ses alliés le 7-Octobre sont des implantations illégales au regard du droit international, assimilant ainsi tout le territoire israélien à une colonie. Ce qui revient à délégitimer Israël dans son ensemble. ». Tout est dit, dans la foulée de l’ultra-sioniste Yadan, Le Monde nous interdit, à demi-mot bien sûr, de « délégitimer dans son ensemble » l’État colonial sioniste, et ce, au nom du « droit international » dont on n’avait pas perçu qu’il l’intéressait autant. Une pierre dans le jardin de tous ceux qui nous saoulent avec ce fameux « droit international » et les résolutions de l’Onu comme solution à la question coloniale.
Enfin FranceInfo, d’habitude plus en avance que jamais pour défendre la propagande sioniste, est plus circonspect et ne donne aucun avis, se contentant de citer les acteurs de la pièce, à savoir Macron et la Licra. Mais la citation de la première vice-présidente de la LICRA vaut son pesant d’or : « Quand on présente des victimes israéliennes d'un attentat terroriste comme des colons juifs, il y a une double falsification. Déjà, des victimes sont présentées comme des agresseurs. Un colon, c'est un agresseur. Donc elles perdent leur qualité de victime. Ces victimes étaient également des militants pour la paix. On l'oublie ». Leur unique préoccupation est bien de faire passer les colons et leur État comme des victimes et non des oppresseurs sanglants.
Comme en écho à cette dernière citation, nous présentons une déclaration de Mike Pompeo, dernier secrétaire d’État de Trump, lors de son premier mandat : « Nous devons nous assurer que le récit soit correctement présenté afin que, lorsque les livres d’histoire seront écrits, ils ne parlent pas des victimes de Gaza… Les victimes, c’étaient le peuple d’Israël. ». L’avantage avec Trump et les siens c’est que leur sentiment de toute puissance et leur cynisme font qu’ils n’ont aucune vergogne à dire la vérité.
 
En conclusion
Le Parti Révolutionnaire Communistes salue la lutte de la Résistance et du peuple palestinien pour la libération nationale.
Nous informons de l’action de la Résistance partout où elle se mène. Ainsi, l’armée d’occupation a dû complètement se retirer de la ville de Naplouse et de sa vieille ville le 13 janvier après un raid de plusieurs heures, au cours duquel une unité spéciale a été prise en embuscade par la Résistance, ayant entraîné de nombreuses pertes parmi les forces coloniales.
 
Nous saluons aussi toutes celles et tous ceux qui combattent le récit de la propagande sioniste, les mensonges et la répression qui tentent en vain d’empêcher une appréciation correcte de la situation coloniale. Et nous réaffirmons haut et fort notre position. Le problème, c’est le sionisme. La solution c’est la fin de l’État colonial !
Le Parti Révolutionnaire Communistes souhaite bon courage à tout le peuple palestinien et à sa Résistance armée. Depuis le « Déluge d’Al-Aqsa », le roi sioniste est apparu aux peuples du monde plus nu que jamais. La solidarité des travailleurs et des peuples est le seul allié de la Palestine. Le combat de la Résistance palestinienne, qui affronte directement la pointe avancée de l’impérialisme occidental est vital pour les prolétaires de l’ensemble de la planète.
L’État colonial sioniste tombera ! C’est le sens de l’histoire ! Et la nation palestinienne sera enfin libre, du Jourdain à la mer !