N° 960 14/01/2026 Depuis plusieurs jours des manifestations d’opposition au régime iranien ont lieu dans les grandes villes du pays, sur fond de difficultés économiques renforcées pour les travailleurs, face à un pouvoir soucieux de « préserver la domination de "l'islam politique" et de protéger les fortunes colossales des élites proches du pouvoir », selon les mots du dernier communiqué du parti Tudeh, le parti communiste iranien, et dans un contexte où les réactionnaires des États impérialistes occidentaux travaillent, pour la énième fois, à une déstabilisation du régime afin d’y installer leurs valets compradores pour notamment mettre la main sur le pétrole et modifier à leur profit les réalités géopolitiques de la région.
Les conditions économiques, la vie chère, la corruption sont les principaux ingrédients de ces manifestations, auxquels s'ajoutent les privations de liberté. Le déclencheur, cette fois, semble avoir été le fait que le gouvernement du président Massoud Pezeshkian a proposé de mettre un terme au système des taux préférentiels de devises attribués uniquement aux gens du régime. Une pratique responsable de la gabegie et d'une évasion fiscale par milliards de dollars, a pourri complètement l'économie iranienne. Mais le Parlement a refusé cette mesure, provoquant cette incertitude budgétaire et une flambée du dollar. Le mécontentement a finalement ressurgi avec la protestation initiale et corporatiste des commerçants du bazar de Téhéran dont on connaît les tendances à l'accommodement avec les puissances occidentales, et non des travailleurs comme lors du mouvement « Femme, vie, liberté ».
A propos de la situation économique de l’Iran, il est important de rappeler le rôle important que jouent les sanctions des USA et des autres impérialistes occidentaux, que tous nos commentateurs semblent oublier. Tel au Venezuela, puis à Cuba où dans la Syrie baasiste, les USA utilisent une tactique éprouvée : mettre à genoux l’économie du pays puis semer le chaos afin de remplacer le régime par des dirigeants à leur botte.
Dans ce cadre, il est donc important de présiser qu’un autre des déclencheurs est le moment politique actuel où l’impérialisme US a un besoin vital d’accaparer le plus possible de réserves de pétrole. En ce sens, ce qui se passe en Iran est exactement semblable à ce qui se passe au Venezuela.
L’ensemble des media en France, si prompts à oublier le génocide des Palestiniens, rivalisent de sympathie affichée avec ce qu’ils appellent le « peuple iranien », cachant le fait que des intérêts divers et même opposés sont en jeu et que les informations reçues proviennent exclusivement d’officines basées aux USA ou au Royaume Uni (la puissance impérialiste dominante et l’ancienne puissance coloniale) dont la philanthropie est au moins sujette à caution.
D’aucuns parlent de 20 000 morts, tous réprimés par le régime. Non seulement, il s’agit de faire monter les chiffres afin de prétexter pour une intervention militaire US, mais nous n’en savons rien. Aucune « source » n’est objective, qu’elle vienne de l’impérialisme occidental ou du pouvoir en place en Iran. Et, en France, nous avons uniquement celles des sionistes et des autres laquais de l’impérialisme dominant. Il existe évidemment de la répression, ce serait vrai dans n’importe quel État, et le régime iranien en a une habitude certaine. Mais les sionistes assument le fait que des agents du Mossad sont présents, des mosquées ont été brûlées, des incidents ont eu lieu entre factions rivales, des drapeaux sionistes étaient brandis dans les manifestations et des civils ont probablement été tués par les agitateurs au service de l’impérialisme occidental. Comme le dit le communiqué du parti Tudeh : « parallèlement à la lutte héroïque de centaines de milliers de personnes contre le despotisme et l'oppression de classe, il est évident que certains éléments et groupes organisés, par des actes de sabotage et de violence, tentent de préparer le terrain pour une intervention directe des États-Unis et de leurs alliés dans le cadre des manifestations actuelles. ».
Enfin, depuis deux à trois jours, des manifestations de soutien au régime se déroulent partout en Iran. Les annonces d’une « libération » par l’Occident et les pratiques meurtrières des séides du Mossad ont probablement facilité ces mobilisations. Laissons de nouveau la parole au Tudeh : « Ces derniers jours, de grands médias occidentaux et certains responsables politiques occidentaux, en exagérant le courant monarchiste et en orientant l'opinion publique vers une vision de l'effondrement de la République islamique comme inévitable – et d'une intervention « occidentale » directe sous la présidence de Trump comme nécessaire –, ont orchestré une véritable « transition » en Iran. […] Par ailleurs, nous assistons à des agissements regrettables de la part de certaines personnalités iraniennes de premier plan. Parmi elles figurent Shirin Ebadi, juriste et lauréate du prix Nobel de la paix ; Mohsen Makhmalbaf, écrivain et cinéaste ; et Abdullah Mohtadi, secrétaire général du Parti Komala du Kurdistan iranien. De concert avec Reza Pahlavi, ils ont adressé une lettre à Trump l’appelant à intervenir dans les affaires iraniennes – une intervention qui inclurait une action militaire. Shirin Ebadi ignore-t-elle les opinions fascistes, l’idéologie réactionnaire misogyne et raciste, ainsi que les politiques agressives et hégémoniques d’une figure comme Trump et de son complice, le criminel de guerre Netanyahu ? ».
La figure du fils du shah, de la dynastie Pahlavi tant honnie en Iran, qui appelle ouvertement Trump à bombarder ce qui n’est plus, depuis longtemps, son pays a aussi éloigné les travailleurs de ces manifestations et donné du grain à moudre au pouvoir. Beaucoup d’Iraniens, même s’ils n’ont pas de sympathie envers le régime, connaissent leur histoire ils savent la SAVAK et le coup d’État du 19 août 1953, permettant aux impérialistes britanniques et états-uniens de renverser le régime progressiste du docteur Mossadegh, lequel avait nationalisé le pétrole.
Il est donc primordial, avant toute analyse, de vérifier les affirmations, surtout celles de nos media. Aucun marxiste-léniniste de bonne foi ne peut dire que ce qui est à l’ordre du jour en Iran est la révolution prolétarienne. Le parti Tudeh souligne : « l'incapacité des forces nationales progressistes à infléchir le cours des événements », mais poursuit ainsi : « nous sommes convaincus que la lutte contre la dictature et la défense de la paix et de la souveraineté nationale se poursuivront pour des raisons objectives et réelles. ».
Le Parti Révolutionnaire Communistes, nous l’avons dit, ne croit pas à un prétendu « Axe de la Résistance » ; il n’a pas de sympathie particulière pour le régime en place en Iran. Mais, à partir d’une analyse objective de la situation, ce qui est à l’œuvre n’est pas une révolution, mais nous pensons à une tentative de déstabilisation du régime par les compradores et les agents des sionistes. Or, il semble désormais que cette phase a échoué.
Pourtant, l’État colonial sioniste,situé aux premières loges, profite du soi-disant cessez-le-feu pour poursuivre et amplifier le génocide en tentant de nous rendre aveugles à ce qui se passe. Il a tout intérêt à détourner l’attention sur l’Iran.
Pourtant, Trump et les multinationales US ont besoin d’un accès illimité au pétrole, au Venezuela comme en Iran et sont prêtes à une guerre pour cela. Seulement, la dernière tentative du second couteau sioniste s’est soldée par un échec cuisant lors de la « guerre de 12 jours ».
Les travailleurs et le peuple iranien sont les seuls à pouvoir décider et organiser un changement de régime. En attendant, toute intervention impérialiste occidentale donnera lieu, concernant le Parti Révolutionnaire Communistes, à la réponse suivante : « Comme pour le Venezuela, la question n’est pas la nature du régime, mais l’agression de la puissance impérialiste dominante ». Impérialistes US et consorts, bas les pattes de l’Iran !