N° 926 20/05/2025 L’entité sioniste amplifie encore le génocide. Les bombardements systématiques visent désormais à détruire complètement tout ce qui reste de Rafah, tous les lieux de soins non encore détruits, les stocks de nourriture et de médicaments, les écoles ou les cours d’hôpitaux où s’entassent les réfugiés sous des tentes. Les bombardements forcent aussi les Palestiniens à se déplacer presque en continu. La situation à Gaza en général est terrible, celle de Gaza sud apocalyptique.
Les sionistes tentent de mettre sur pied leur vieux projet : réaliser la colonisation de peuplement ou de substitution, qui implique de chasser ou de tuer tous les Palestiniens afin de les remplacer par des colons d’origine européenne.
L’émotion envahit des tas de gens, être humain ne peut que signifier ne pas être insensible au génocide à Gaza. Mais chacun se demande quoi faire pour arrêter le massacre.
Si l’émotion est un préalable indispensable, il ne faut pas y rester, ce serait la pire des choses. Il faut analyser ce qui se passe, comprendre ce qu’est une lutte de libération nationale. Il faut surtout appréhender que ce type de lutte peut être très long, d’autant plus en Palestine où le rapport des forces est particulièrement inégal pour le peuple et la Résistance palestinienne. Il faut comprendre que le génocide est un processus permanent lié à la colonisation de substitution.
A y regarder de plus près, la situation de l’armée d’occupation n’est pas si idyllique.
Les sionistes organisent la destruction totale depuis le ciel, mais fuient la confrontation terrestre avec la Résistance. L’assaut terrestre, promis depuis des lustres, n’a toujours pas commencé et tout doit être fait pour qu’il n’ait jamais lieu. Si l’objectif de massacre est atteint chaque jour, aucun objectif militaire des sionistes n’est atteint. La Résistance est toujours là, qui attend son heure.
Par ailleurs l’impérialisme dominant, qui porte l’entité sioniste, a dû faire des concessions. Il a échoué dans sa tentative de mettre au pas le Yémen, il a essuyé un refus des Saoudiens lorsqu’il leur a demandé de reprendre leurs attaques contre ce petit pays héroïque. Les envoyés de Trump ont dû traiter. S’ils ont obtenu le passage pour les navires US en Mer rouge, ils ont dû abandonner à leur sort les navires de l’entité sioniste et ceux qui commercent avec elle.
Il n’y aura pas de victoire militaire des sionistes. Le peuple palestinien sera libre un jour, cela prendra du temps, mais c’est la dimension historique de la décolonisation.
Nous le savons, la Résistance palestinienne a infligé de graves défaites aux envahisseurs ; mais elle ne pourra pas gagner seule, la solidarité internationale des travailleurs et des peuples est plus que jamais nécessaire. Elle ne fait pas défaut, ni au Maroc, ni aux USA, ni au Royaume Uni ; elle est présente et visible partout dans le monde. Notre tâche consiste à tout faire pour l’amplifier en France.
Cela nécessite de convaincre et donc d’avoir un discours clair. Nous devons bannir les dénonciations de Netanyahu et de « l’extrême-droite » qui excluent le reste du sionisme. Cette grille de lecture qui implique qu’il y aurait des sionistes raisonnables et non génocidaires est un mensonge savamment entretenu, qui est aujourd’hui le principal argument de celles et ceux qui font semblant de se préoccuper du sort des Gazaouis. La vérité qui éclate oblige ces gens-là à se distinguer un tant soit peu des actes de l’armée d’occupation. Mais ils et elles le font pour mieux défendre l’entité sioniste et lui sauver la mise alors qu’elle est mise par les peuples au ban des nations.
Nous devons bannir tout autant toute expressions qui fleurerait avec le partage des torts. Dans une situation coloniale les torts sont tous ceux du colonisateur. Il n’y a donc pas à condamner l’attaque du 7 octobre pour gagner un brevet de responsabilité. Ce d’autant plus que le récit des sionistes concernant cette journée est désormais totalement mis en pièce ; ce récit se distingue du réel avec une ampleur inégalée : pas de bébés décapités, pas de preuve de viol, des maisons détruites par des chars dans les kibboutz, des témoignages de survivants révélant l’application de la procédure Hannibal.
Le Parti Révolutionnaire Communistes ne condamne pas les actions de la Résistance palestinienne, ne condamne pas, en particulier, l’attaque du 7 octobre. C’est encore le colonisateur qui en porte toute la responsabilité.
Le discours clair consiste d’abord à caractériser la situation par ce qu’elle est : une guerre coloniale du côté des sionistes, une guerre de libération nationale du côté des Palestiniens et à bien définir la particularité de cette colonisation, la substitution et le peuplement.
Ensuite il faut dénoncer les impérialistes occidentaux, qui ne sont pas seulement des complices, mais des profiteurs de la colonisation, au moins à égalité avec l’entité sioniste. Il ne faut jamais oublier que les sionistes ont été installés où ils sont par les impérialistes occidentaux afin de les servir, qu’ils en sont « le prolongement organique », comme le dit Georges Ibrahim Abdallah. Qui peut croire que le génocide pourrait se poursuivre sans le soutien financier et militaire de l’impérialisme US et de ses valets ?
Il faut également dire et redire que les peuples colonisés se défendent comme ils peuvent, que ce n’est pas le colonisé mais le colonisateur qui impose le choix des armes. « Donnez-nous vos chars et vos avions, et nous vous donnerons nos couffins » disait le dirigeant du FLN algérien, Larbi Ben M’Hidi à l’armée coloniale de la Bourgeoisie française.
Enfin, une position claire c’est le soutien total au peuple palestinien, à sa résistance, sous toutes ses formes, des gestes de tous les jours, au combat armé. Il n’est pas possible de soutenir la lutte pour une Palestine libre sans soutenir la Résistance armée, dans toutes ses composantes et dans toutes ses actions.
Il faut donc, plus que jamais, un discours clair, anticolonialiste, antisioniste, dénonçant les acteurs, les complices de la colonisation de substitution mise en œuvre en Palestine, les complices du génocide de l’entité sioniste qui ressemble de plus en plus à celle de l’Ouest états-unien, perpétrée là aussi par des colons européens !!! Et il faut plus que jamais la solidarité active des peuples et des travailleurs du monde entier avec la résistance du peuple palestinien, à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem. Il est plus que temps qu'une grande manifestation populaire s'organise en France pour soutenir la lutte de libération nationale du peuple palestinien et crier que les crimes cela suffit, que les droits légitimes du peuple palestinien doivent être reconnus.
Une telle manifestation doit porter la revendication d’une paix juste en Palestine. Une paix juste, c’est le démantèlement des colonies, le retour des réfugiés et un État palestinien indépendant. Pour notre part, nous portons aussi celle de la fin de l’État colonial d’apartheid, car son existence empêche une telle paix. Les travailleurs d’Israël ne peuvent être libres s’ils ne rompent pas avec le sionisme et continuent de se trouver objectivement et activement dans le camp des colonisateurs, des génocidaires. Il faut un État où tous les habitants jouissent des mêmes droits et puissent vivre ensemble, quelle que soit leur origine, en l’occurrence, un État palestinien démocratique.
Le Parti Révolutionnaire Communistes soutient plus que jamais les revendications fondamentales du mouvement de libération nationale palestinien : fin intégrale de l'agression militaire sioniste, droit au retour des réfugiés et formation d'un État palestinien sur le territoire de la Palestine mandataire.