Gantry 5

 

N° 924 08/05/2025  Le 7 mai 2025, une journée ordinaire dans la Bande de Gaza
L’armée d’occupation sioniste a comme chaque jour, massacré des Palestiniens de Gaza ce mercredi 7 mai. Les bombardements massifs ont touché plusieurs zones de la bande de Gaza causant la mort de dizaines de civils, parmi lesquels des femmes, des enfants et un journaliste.
A travers les actions les plus meurtrières, deux frappes distinctes ont visé l'école Al-Karama dans le quartier d'Al-Tuffah, à l'est de la ville de Gaza, entraînant la mort de 19 personnes et faisant plusieurs blessés. Le journaliste palestinien Nour al-Din Matar Abdo a été tué à cette occasion par des avions de guerre israéliens alors qu'il couvrait le massacre. Cela porte à 213 le nombre de journalistes abattus par Israël depuis le 7 octobre 2023.
À Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, huit membres d’une même famille, dont quatre jeunes femmes et une fillette de deux ans ont perdu la vie lorsque leur maison a été détruite par une bombe sioniste. Dans la ville de BaniSuheila, à l'est de Khan Younès, un autre bombardement a tué un couple se trouvant dans son domicile. Au nord du territoire, trois personnes ont été exécutées et d'autres blessées lors d'une attaque contre une maison située dans la région de Tel al-Zaatar, à l'est de Jabalya. Enfin, une femme a été massacrée par un drone israélien près du marché du vendredi dans le quartier de Shuja'iyya, à l'est de la ville de Gaza.
 
Le plan de Netanyahu : rien de neuf sous le soleil
Voilà quelques jours, le conseil des ministres de l’entité sioniste a approuvé un plan visant à détruire complètement Gaza, ajoutant des attaques terrestres aux bombardements et aux assassinats par la faim, la soif et le manque de soins. Il s’agit, conformément à ce que nombre de dirigeants sionistes avaient déjà dit, de massacrer le plus possible de Gazaouis et de déporter les survivants, bref : un génocide.
Ce plan n’apporte rien de nouveau, ce qui est dit tout haut aujourd’hui, est ce que disaient plus bas certains depuis le début du génocide. Le cynisme monte d’un cran avec la fausse révélation du fait que Netanyahu et ses ministres se moquent comme de l’an quarante du sort des captifs, voire ne seraient pas du tout opposés à ce qu’ils meurent : les morts ne parlent pas.
C’est le projet des sionistes depuis le début, chasser les Palestiniens afin de prendre leurs terres, leurs maisons, leur place sur leur terre ancestrale, en en tuant le plus possible.
La dernière des déclarations de responsables sionistes (en date du 3 mai) confirmant leur volonté d’aller au bout du génocide vient du ministre israélien du Patrimoine, Amichaï Eliyahou. Il a suggéré de « frapper les réserves alimentaires » afin de faire plier le Hamas, quitte à « faire mourir de faim » les Gazaouis, poursuivant avec cette phrase « Ce sont les civils de Gaza qui ont soutenu le Hamas le 7 octobre, lors de Sim'hat Torah. Ce sont eux qui donnent au Hamas son soutien moral. Dès que les civils auront du mal à survivre, le Hamas en souffrira aussi. Il n’y a aucun problème à bombarder les réserves de carburant et de nourriture du Hamas. Ils doivent mourir de faim. Et s’il y a des civils qui craignent pour leur vie ? Qu’ils partent dans le cadre du plan de migration. ». Là non plus, rien de bien neuf. Ces mots sont quasiment ceux qu’utilisent les députés Meyer Habib, traitant les Palestiniens de cancer, ou encore Caroline Yadan.
 
Complicité active des impérialistes occidentaux
Nous apprenons par The Guardian que Le Royaume-Uni continue de participer activement à l’extermination de la population palestinienne. Des entreprises britanniques ont envoyé des milliers d’articles militaires, y compris des munitions à l’entité sioniste : quatorze envois dont un contenant 160 000 articles ont été recensés : parmi eux, plusieurs milliers de bombes, grenades, torpilles et missiles. Malgré la suspension de 29 licences, le Royaume-Uni en a maintenu 200 autres, permettant ainsi la poursuite des exportations militaires vers Israël.
Les impérialistes US ont prêté main forte aux sionistes pour attaquer et sérieusement endommager l’aéroport de Sanaa, la capitale du Yémen, tuant de nombreux civils.
L’Union européenne s’est dite « préoccupée » par le plan de Netanyahu, par la voix d’un quelconque sous-fifre. Quant au gouvernement français il a « condamné » ce même plan. Et pour les actes ? Il suffirait de bloquer l’accord bilatéral de l’UE avec les sionistes, cesser les envois d’armes, décider une ou deux sanctions économiques pour que tout s’arrête.
Le médecin Raphaël Pitti, ayant passé plusieurs mois à Gaza sous les bombes a dénoncé la responsabilité de l’État français en général et de Macron en particulier.
 
Silence des media et décalage des prosionistes en France
Pour nos chaînes TV privées ou publiques il est possible d’évoquer le fameux plan sans aucun commentaire, sans jamais dire qu’il est à l’œuvre depuis toujours, sans surtout évoquer le réel, la mort semée par l’État colonialiste sioniste en Palestine depuis des mois et des mois. Ou pire, chez LCI, la championne toutes catégories de la défense des génocidaires, inviter Bernard-Henri Lévy et lui laisser table ouverte pour vomir sa haine contre la Résistance anticolonialiste en général et le nationalisme arabe en particulier.
Nous avons souvent évoqué l’attitude opaque de la « gauche » française. Si la France Insoumise évoque régulièrement le génocide (sans toujours le nommer) et se pose en authentique défenseur du peuple palestinien, elle n’en demeure pas moins figée sur sa position des torts partagés, en se réclamant de l’illusoire « droit international », de la définitivement morte « solution à deux États » et en évoquant les « crimes du 7 octobre » ; ce qui prouve leur incapacité à appréhender justement la question coloniale, sinon ils ne mettraient pas sur le même plan les Résistants armés palestiniens et les dirigeants de l’État colonial sioniste.
Mais nous l’avons dit aussi, le reste de la « gauche », c’est sans commune mesure le choix du silence ou de la défense de la « démocratie », autant dire du colonialisme sioniste génocidaire. La direction du Parti Communiste Français semble se réveiller de sa longue léthargie. Fabien Roussel, le président du groupe à l’Assemblée nationale et celle du groupe au Sénat ont décidé… d’écrire à Macron. Netanyahu doit trembler !
Encore pire au Parti socialiste au sein duquel, dans le cadre de son congrès des contributeurs intitulés « les amis d’Israël » nous ont expliqué que les sionistes sont gentils, ils ont des bombes qui ciblent un étage dans un bâtiment, ils préviennent avant de bombarder, ils vont au-delà du respect du droit international. Devant le tollé suscité par cet écrit, celui-ci retiré du site officiel du PS.
Plusieurs intervenants de droite ou des « journalistes » tiennent ce même discours, celui d’Israël victime, du « C’est la faute du Hamas », de la « démocratie respectueuse du droit international, mais, la guerre, c’est forcément cruel », sans dire que ce qu’ils appellent « guerre » est un massacre. Il est assez étonnant de constater le décalage croissant entre ces gens, qui tiennent le discours mensonger que tenaient les dirigeants sionistes au début du génocide, alors que ces mêmes dirigeants ont aujourd’hui un discours beaucoup plus décomplexé, justifiant le génocide, que leurs partisans et laudateurs en France veulent ignorer.
 
La direction confédérale de la CGT confirme sa soumission aux impérialistes
Dans ce cadre, il faut dire un mot du communiqué de la direction confédérale de la CGT daté du 7 mai. Comme d’autres, la direction de la CGT sort de son long sommeil concernant la question coloniale et le génocide, mais le résultat est affligeant. A deux reprises, le communiqué exhorte : « la France à intensifier ses efforts diplomatiques et à mobiliser la communauté internationale ». A ce sujet comme à d’autres la bienveillance de la direction de la CGT envers Macron et son gouvernement vire à l’obsession et tourne le dos aux aspirations des travailleurs en même temps qu’elle nie le réel. Macron ne fait aucun effort diplomatique pour empêcher le génocide, il en est complice et même acteur. Est-il possible que la direction de la CGT l’ignore ? Quant à la « communauté internationale », ne montre-t-elle pas sa complicité tous les jours ? Car enfin, tout le monde sait aussi que derrière le vocable de « communauté internationale » se cachent les impérialismes occidentaux. Mais le pire vient après, quand la direction de la CGT « soutient le plan de reconstruction de Gaza sans déplacement de population présentée par la Ligue arabe ». Un plan qui prévoit le retour des valets du sionisme que sont les corrompus de l’Autorité palestinienne et le désarmement de la Résistance palestinienne, un plan qui n’a, par ailleurs aucune chance de voir le jour étant donné le rapport de force et la soumission des dirigeants arabes. Le seul espoir de la Palestine réside dans sa Résistance armée et la solidarité internationale. Désarmer la Résistance, c’est liquider la Palestine.
Les militants de la CGT qui militent pour l’indépendance des Palestiniens, qui sont poursuivis en justice pour « apologie du terrorisme » sont loin de cette position de la direction confédérale
 
En conclusion
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, il faut plus que jamais un discours clair, anticolonialiste, antisioniste, dénonçant les acteurs, les complices de la colonisation de substitution mise en œuvre en Palestine, qui ressemble de plus en plus à celle de l’Ouest états-unien, perpétrée là aussi par des colons européens !!! Et il faut plus que jamais la solidarité active des peuples et des travailleurs du monde entier avec la résistance du peuple palestinien, à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem. Il est grand temps qu'une grande manifestation populaire s'organise pour soutenir la lutte de libération nationale du peuple palestinien et crier que les crimes cela suffit, que les droits légitimes du peuple palestinien doivent être reconnus.
Une telle manifestation doit porter la revendication d’une paix juste en Palestine. Une paix juste, c’est le démantèlement des colonies, le retour des réfugiés et un État palestinien indépendant. Pour notre part, nous portons aussi celle de la fin de l’État colonial d’apartheid car son existence empêche une telle paix. Les travailleurs d’Israël ne peuvent être libres s’ils ne rompent pas avec le sionisme et continuent de se trouver objectivement et activement dans le camp des colonisateurs, des génocidaires. Il faut un État où tous les habitants jouissent des mêmes droits et puissent vivre ensemble, quelle que soit leur origine, en l’occurrence, un État palestinien démocratique.
Le Parti Révolutionnaire Communistes soutient plus que jamais les revendications fondamentales du mouvement de libération nationale palestinien : fin intégrale de l'agression militaire sioniste, droit au retour des réfugiés et formation d'un État palestinien sur le territoire de la Palestine mandataire.