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N°919 04/04/2025  L’entité sioniste cherche à effacer les camps de réfugiés de Jénine et Tulkarem
L’armée israélienne a annoncé le 30 mars dernier son intention de changer la disposition des camps de réfugiés palestiniens dans les villes de Jénine et de Tulkarem, dans le cadre d’une opération militaire de grande envergure dans le nord de la Cisjordanie occupée, qui se poursuit depuis la fin du mois de janvier.
Les plans visent à éliminer complètement les deux camps et celui de Nur Shams, en les réduisant à des quartiers à l’intérieur des deux villes, dans le but de les empêcher de servir d’« incubateurs d’organisations terroristes ».
 
La situation du camp de Nur Shams
Sur le terrain, des opérations de démolition sont menées quotidiennement, l’armée d’occupation avertissant à plusieurs reprises des centaines de familles palestiniennes de la destruction imminente de leurs maisons. Les maisons étant considérées comme des cibles purement militaires, les familles n’ont pas été en mesure de contester légalement les ordres. Le plan des sionistes est déjà mis en œuvre dans le camp de Nur Shams. L’armée divise le camp en sections et ouvre des rues principales, chacune d’entre elles faisant au moins 10 mètres de large et plus de 500 mètres de long.
La démolition des maisons ne concerne pas seulement les personnes directement touchées. Lorsqu’une maison est détruite, tous les bâtiments voisins sont impactés en raison de l’agencement des camps, où l’espace est limité. Lorsque les militaires coloniaux annoncent l’intention de démolir 30 maisons, cela signifie en réalité que 100 seront détruites, car toutes les maisons sont construites sur un plan vertical. Jusqu’à présent, au moins 500 maisons du camp ont été complètement rasées, et des centaines d’autres ont été endommagées. Les 13 000 résidents du camp ont tous été expulsés, et tous les habitants des environs ont été déplacés.
 
Rendre les camps inhabitables
Le journal israélien YediothAharonoth a révélé que le plan général de l’armée d’occupation dans les camps palestiniens est de laisser le champ libre à ses activités et de créer une nouvelle ère pour sa sécurité.
Toujours selon le journal, 200 maisons ont été démolies dans le camp de Jénine et des routes s’étendant sur cinq kilomètres ont été construites. À Tulkarem, quinze maisons ont été démolies et une route de 200 mètres de long a été pavée, tout cela pour faciliter l’accès des forces israéliennes en cas de besoin. Le journal précise que l’intention de l’armée est d’effacer les récits des réfugiés qui se perpétuent grâce aux camps. 
Les soldats de l’armée d’occupation élargissent les rues, les routes et les entrées à l’intérieur même du camp pour faciliter l’entrée des véhicules militaires et modifier le paysage géographique et démographique. Les autorités sionistes cherchent ainsi à réduire la population en démolissant les maisons et en déplaçant les réfugiés, instaurant ainsi un environnement hostile jusqu’à ce que le camp devienne inhabitable.
 
Les sionistes veulent effacer l’histoire palestinienne à Gaza
Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé le meurtre de huit de ses médecins à Rafah. Ils ont été pris pour cible par les forces d’occupation alors qu’ils accomplissaient leur devoir humanitaire en se rendant dans la zone de Hashashin à Rafah pour prodiguer les premiers soins à un certain nombre de personnes blessées par les bombardements de l’armée d’occupation dans la région. Un neuvième médecin est toujours porté disparu. Le Croissant-Rouge palestinien a également retrouvé les corps de six membres de la défense civile et d’un membre du personnel de l’ONU dans la même zone. 
Il s’agit, pour les sionistes, d’empêcher complètement le travail humanitaire. L’occupation cible les médecins du Croissant-Rouge, malgré le statut protégé de leur mission et l’emblème du Croissant-Rouge, et commet donc de nouveaux crimes de guerre sous les yeux du monde entier. Dans l’indifférence quasi générale des États et surtout de ceux qui ont les moyens de peser pour arrêter les sionistes, les impérialistes occidentaux et les pétromonarchies du Golfe.
Le 2 avril, l’armée coloniale sioniste a bombardé la clinique de l’UNRWA abritant des déplacés dans le camp de Jabalia. On annonce au moins 10 morts, dont des enfants et une dizaine de blessés. La destruction totale du système de Santé de la Bande de Gaza est l’objectif, comme l’a été celle des bâtiments historiques et des universités. Les sionistes veulent effacer la présence palestinienne et, en même temps, empêcher par la force toute résistance.
Il faut rappeler aussi que pour empêcher au maximum la diffusion du génocide qu’ils perpètrent, les sionistes, depuis le début de la guerre, ont tué plus de 200 journalistes, 400 ont été blessés et 51 sont dans les prisons de l’État colonial.
 
La majorité de la population israélienne tolère voire encourage les massacres
Les chiffres qui jalonnent quotidiennement le génocide, qui sont bien plus importants depuis la reprise des bombardements, ne sont pas rapportés dans les médias israéliens, et s’ils le sont, ils sont toujours minimisés de manière scandaleuse.
Par exemple, Channel 12 News, la principale chaîne de télévision israélienne, a rapporté que les 400 morts de la première journée des bombardements étaient des « militants », alors qu’il est tout à fait clair que le monde entier voit les images horribles de dizaines de bébés et d’enfants bombardés à mort. Beaucoup de ceux qui, en France ou ailleurs, observent le génocide, se demandent comment il est possible de mentir de manière aussi flagrante alors que la vérité est si manifeste.
Combien de temps encore les media de l’entité sioniste seront-ils complices des crimes du gouvernement génocidaire ?
Peut-être après le choc du 7 octobre, où les sionistes se sont rendu compte que la pérennité de leur État colonial et raciste n’était pas assurée la réaction d’insensibilité au massacre des Palestiniens pouvait vaguement se comprendre, mais, après 18 mois de massacres, qui entreront dans les livres d’histoire comme une honte éternelle, aucune excuse n’est possible, aucune affabulation non plus, il y a une complicité massive de la population de l’État colonial envers les massacres que commet l’armée génocidaire.
La majorité de l’opinion publique israélienne, qui s’oppose à la guerre, pense que celle-ci met en danger la vie des otages et que les combats ont été repris pour des raisons politiques : maintien du gouvernement de Netanyahu, visé par une enquête à cause de sa corruption, et retour du fasciste Ben Gvir dans le giron du gouvernement.
Si la reprise de la guerre tue les otages, elle tue surtout des masses d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards palestiniens. Or, les Israéliens « anti-guerre » continuent d’user d’euphémismes et de pas dire tout haut ce qui se passe vraiment. Même ceux qui s’opposent à la guerre refusent ou ont peur de dire que les Gazaouis sont aussi des êtres humains. Parce qu’il est impossible de séparer le pilote de la bombe. On lui dit d’appuyer sur le bouton et il le fait. La majorité de la population non seulement tolère les massacres, mais les exige, explicitement ou tacitement. Il ne s’agit pas d’un problème de dissimulation ou de manipulation de la part desmedia. C’est le fruit d’un endoctrinement militaro-raciste qui commence à la maternelle et se poursuit jusqu’à la mort. Un endoctrinement qui a besoin des destructions pour justifier l’existence du sionisme.
Il y a quelque chose de faussé dans le récit qui est actuellement présenté par le public juif libéral en Israël comme une lutte pour sauver la « démocratie israélienne ». Cette lutte existe dans l’absence presque totale de référence aux conséquences mortelles de la guerre sur Gaza et les Gazaouis. Ainsi, dans la « seule démocratie du Proche Orient », l’opposition, celle qui combat « Netanyahu d’extrême-droite » peut concilier la défense des « valeurs démocratiques » avec une situation dans laquelle, de l’autre côté, des dizaines de milliers de vies sont fauchées d’un seul coup. Il est possible, pour des sionistes de « gauche », d’insister sur la liberté et la justice sans faire référence à l’inconcevable prix humain de cette guerre, de dévaloriser la vie à Gaza, qui est devenue si bon marché pour les Juifs d’Israël, tout en appelant à la préservation de la démocratie bourgeoise israélienne.
Cette si mal nommée « démocratie » porte sur son dos une destruction aussi énorme et terrible chaque jour.
 
En conclusion
Il est temps que les défenseurs sincères de la Palestine, notamment dans certaines organisations de gauche en France prennent conscience de cette réalité : l’énorme majorité de ce qu’il est convenu d’appeler la « société israélienne » est complice du génocide parce qu’elle adhère aux fondements du sionisme et, par là même, ne peut dénoncer le génocide qui se passe à deux portes de sa maison.
Le problème fondamental, la source-même du conflit colonial, de la guerre de libération nationale, c’est bien le sionisme. Toutes les focalisations sur « Netanyahu d’extrême droite » sont autant d’erreurs ou de détournements du réel. La volonté d’éradication du peuple palestinien n’est pas seulement celle de Netanyahu, mais bien de l’ensemble des sionistes, depuis le projet fondateur.
Une paix juste, c’est le démantèlement des colonies, le retour des réfugiés et un État palestinien indépendant. L’existence d’un État colonial empêche une telle paix. Les travailleurs d’Israël ne peuvent être libres s’ils ne rompent pas avec le sionisme et continuent de se trouver objectivement et activement dans le camp des colonisateurs.
Il faut un État où tous les habitants jouissent des mêmes droits et puissent vivre ensemble, quelle que soit leur origine, en l’occurrence, un État palestinien démocratique.
 
Le Parti Révolutionnaire Communistes soutient plus que jamais les revendications fondamentales du mouvement de libération nationale palestinien : fin intégrale de l'agression militaire sioniste, droit au retour des réfugiés et formation d'un État palestinien sur le territoire de la Palestine mandataire.