N° 903 12/12/2024 De nombreuses vidéos nous arrivent de Gaza malgré toutes les tentatives sionistes d’imposer un blocus de l’information. Les plus récentes sont éloquentes. On y voit :
― Des soldats de l’armée d’occupation maltraiter des ambulanciers pour les empêcher d’embarquer un blessé dans leur ambulance puis s’en prendre au blessé lui-même. Quelle inhumanité !
― Le résultat des dernières destructions dans la majeure partie du camp de Jabalya, au nord de la Bande, où, après les bombardements, les soldats sionistes font sauter ce qui reste des bâtiments (et ce n’est pas grand-chose). Une véritable désolation.
― Le camp de Mawasi au centre de la Bande, bombardé le 12 décembre ayant pour résultat la mort de 14 civils palestiniens.
― Les décombres de la maison de la journaliste Iman Al-Shanti, tuée chez elle le 11 décembre par un bombardement israélien avec son mari et ses trois enfants.
Justement, à propos des journalistes, RSF (Reporters Sans Frontières), que l’on ne peut soupçonner d’antisionisme primaire, indique que les meurtres de journalistes constituent une véritable hécatombe, attribuant à l’armée génocidaire 16 des 54 journalistes tués en 2024, ce qui en fait la majeure partie. Mais, on sait que ce nombre de 16 est largement minoré. Seuls les journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions sont comptabilisés. Ceux qui ont été tués chez eux, comme Iman Al-Shanti ne sont pas comptés ici et ils sont des dizaines... On approche des 200 journalistes tués à Gaza.
Quand-à Amnesty International, l’association a décerné à Anas Al-Sharif, correspondant d'Al Jazeera dans la bande de Gaza, le Prix du défenseur des droits humains pour l'année 2024. Le même Anas Al-Sharif récemment désigné par Israël comme « terroriste » est menacé d'être tué à chaque instant. Anas a dédié ce prix à son père tué par Israël un an jour pour jour avant l'attribution de ce prix, à ses camarades journalistes à Gaza et en particulier à Fadi Al-Wahidi, gravement blessé par l'armée israélienne, resté paralysé. Israël n'autorise pas la famille de Fadi à le sortir de l'enclave afin qu'il puisse bénéficier de soins adéquats à l'étranger. Il souffre actuellement le martyre.
Amnesty International a également publié le 4 décembre un rapport qui, preuves à l’appui, dénonce le génocide perpétré à Gaza, après des mois d’enquêtes, de collecte de preuves et d’analyses juridiques. Ce rapport de près de 300 pages est titré « On a l’impression d’être des sous-humains ― Le génocide des Palestiniens et Palestiniennes commis par Israël à Gaza ».
Voici un extrait de ce que dit l’organisation humanitaire en introduction du rapport :
« Les autorités israéliennes ont commis et commettent toujours des actes interdits par la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, dans l’intention spécifique de détruire physiquement la population palestinienne de Gaza.
Elles se sont notamment rendues coupables de meurtres, d’atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale des personnes, et de soumission délibérée des Palestiniens et Palestiniennes de Gaza à des conditions de vie destinées à entraîner leur destruction physique. Depuis plus d’un an, la population palestinienne de Gaza a été déshumanisée et traitée comme un groupe de sous-humains ne méritant pas le respect de ses droits fondamentaux, ni de sa dignité. ».
Cela n’émeut guère la plupart des dirigeants occidentaux ni les media à leur service, trop heureux qu’ils sont de fêter leur victoire en Syrie. Le « Silence, on tue ! » et la connivence avec le génocide atteignent des sommets.
Pour terminer avec les nouvelles nous avons appris que, le matin du 12 décembre le parlement israélien, la Knesset, a voté une loi interdisant la restitution des corps de Palestiniens à leurs familles. Les corps des Palestiniens « ne seront pas restitués à leurs familles et seront enterrés dans un cimetière pour les victimes ennemies » a annoncé Osher Batromit, présidant la séance de vote à la Knesset. 40 députés ont soutenu la proposition, alors que 8 autres ont voté contre.
Les Palestiniens ne peuvent compter que sur eux-mêmes, la pression des travailleurs et des peuples. Ainsi, des militants juifs new-yorkais ont obtenu l’annulation d’une réunion prévue avec le génocidaire Gallant, en visite tranquille aux USA. Donc, l’important, c’est la poursuite et l’amplification des luttes de solidarité, sous toutes leurs formes.
Comme tous les partisans de la libération de la Palestine dans le monde, nous continuons et nous continuerons, inlassablement, d’exiger un cessez-le-feu immédiat et permanent, de même que l’accès libre aux humanitaires dans toute la Bande de Gaza, et le retrait total des forces d’occupation de l’enclave. Mais cela ne saurait suffire.
Une paix juste, c’est le démantèlement des colonies, le retour des réfugiés et un Etat palestinien indépendant. Ce qui empêche une telle paix est l’existence d’un Etat colonial. Les travailleurs d’Israël ne peuvent être libres s’ils ne rompent pas avec le sionisme, continuant de se trouver objectivement dans le camp des colonisateurs. La solidarité avec la Palestine ne peut se contenter de phrases générales sur la paix. Il faut un Etat où tous les habitants jouissent des mêmes droits et puissent vivre ensemble, quelle que soit leur origine, en l’occurrence, un État palestinien démocratique. De même, la lutte de libération nationale du peuple palestinien n’a pas besoin de compassion, mais d’un réel soutien politique et d’actions de solidarité internationaliste. Pour la France, où les Révolutionnaires, comme ailleurs, doivent combattre d’abord leurs capitalistes, cela commence par la lutte politique contre le soutien de l’impérialisme français à l’État colonial sioniste.
C'est pourquoi, le Parti Révolutionnaire Communistes entend continuer de rassembler tous ceux qui veulent un cessez le feu immédiat pour que cesse le massacre des Palestiniens et se prononcent pour la paix. Pour nous, cela passe par le soutien aux revendications fondamentales du mouvement de libération nationale palestinien, surtout après l’assassinat d’un de ses dirigeants : fin immédiate de l'agression militaire sioniste, droit au retour des réfugiés et formation d'un État palestinien sur le territoire de la Palestine mandataire.