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N° 843 28/12/2023 Le génocide se poursuit
Israël continue impunément son œuvre de génocide. La situation de la bande de Gaza est de plus en plus catastrophique, les réfugiés sont bombardés dans les endroits indiqués comme sûrs par l’État sioniste. Ils sont touchés par la famine et les maladies, l’état sanitaire est tel que les humanitaires ne savent plus quoi faire pour y répondre.
CNN a rapporté que « les enfants récemment déplacés dans le sud de la bande de Gaza n’ont accès qu’à 1,5 à 2 litres d’eau par jour », soulignant qu’en temps normal, 15 litres seraient la quantité minimale requise pour boire, se laver et cuisiner, alors que la survie pure et simple exige un minimum de 3 litres.
Quant à l’UNICEF, sa déclaration de mercredi souligne que les services d’eau et d’assainissement dans la bande de Gaza ont atteint un “point critique”, déclenchant l’alerte car les enfants seront les plus touchés.
« L’impact de cette situation sur les enfants est particulièrement dramatique parce que les enfants sont également plus sensibles à la déshydratation, a la dysenterie, aux maladies et à la malnutrition, qui, cumulées, peuvent représenter une menace pour leur survie », a averti l’UNICEF, ajoutant que « les craintes de maladies d’origine hydrique comme le choléra et la dysenterie chronique sont particulièrement élevées étant donné le manque d’eau saine, surtout après les pluies et les inondations de cette semaine ».
Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas !
Le porte-parole de l’UNICEF, James Elder, a déclaré, au cours d’un point de presse, le 27 décembre : « Je suis furieux que ceux qui détiennent le pouvoir ferment les yeux sur le cauchemar humanitaire qui s’abat sur un million d’enfants », après avoir passé quinze jours dans la Bande de Gaza. Et, pourtant, les États occidentaux continuent de soutenir les fascistes de Netanyahu ou de se taire.
Ainsi, le secrétaire d’État états-unien, Antony Blinken, lors d’une conférence de presse il y a quelques jours, a été interpellé par un journaliste qui lui a demandé de commenter le fait « qu’une grande partie du monde blâme les États-Unis et Israël » et « considère qu’il s’agit d’une guerre des États-Unis ». Il a répondu, sans se départir de la ligne officielle US : « Je n’entends pratiquement personne dire, exiger du Hamas qu’il cesse de se cacher derrière les civils, qu’il dépose les armes, qu’il se rende. Ce serait terminé demain, si le Hamas faisait cela, ça aurait été fini il y a un mois, il y a six semaines, si le Hamas avait fait cela. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas d’exigences à l’égard de l’agresseur et que seules des exigences à l’égard de la victime soient formulées ? ». On se rappelle que Gideon Levi, le journaliste de Haaretz avait dénoncé le fait qu’Israël était le seul occupant, dans l’Histoire, à se présenter comme une victime et même la seule victime. Et Blinken dénie donc le droit aux Palestiniens de se défendre contre l’occupant, quant à la fable des boucliers humains, toutes celles et tous ceux qui sont allés à Gaza, récemment ou il y a plus longtemps, savent que c’est un mensonge éhonté.
 
La répression aussi
Par ailleurs, la répression se poursuit en Cisjordanie, depuis le 7 octobre, plus de 265 Palestiniens ont été tués, plus de 3 430 blessés et 4700 ont été arrêtés par les forces  d’occupation.
Mardi 26 décembre, la députée palestinienne Khalida Jarrar, l’une des figures du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), a été arrêtée à Ramallah, en Cisjordanie occupée, par des soldats de l’armée d’occupation qui ont fait irruption dans la maison familiale « en défonçant la porte, à cinq heures du matin », a annoncé son mari.
Dans un communiqué, le FPLP a affirmé que l’armée israélienne « a mené mardi matin une vaste campagne d’arrestations parmi les dirigeants et membres du FPLP en Cisjordanie occupée ». L’organisation marxiste-léniniste a déclaré : « Ces arrestations ne briseront pas la volonté de notre peuple. » D’autres « hauts responsables » du FPLP ont également été arrêtés ce même 26 décembre au matin.
Mercredi 20 décembre, les Nations unies et l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme ont publié des rapports accusant les forces israéliennes d’avoir procédé à une exécution de masse de civils dans le nord de la bande de Gaza. Après avoir chassé ou tué tous les journalistes encore présents dans le nord, Israël est passé du massacre de civils par des bombardements à des exécutions sommaires.
Ces crimes de guerre s’accompagnent d’un plaidoyer ouvert en faveur du génocide de la part des responsables israéliens, non seulement par des références bibliques voilées, comme l’invocation d’«Amalek» par le Premier ministre israélien Netanyahou, mais aussi par des appels directs à copier le génocide nazi des juifs.
Lors d’une interview radiophonique dimanche, David Azoulai, chef du Conseil régional israélien de Metula, a dit que Gaza devrait ressembler à « Auschwitz ». Il a déclaré : « Dites à tous les habitants de Gaza de se rendre sur les plages. Les navires de la marine devraient charger les terroristes sur les côtes du Liban. Toute la bande de Gaza devrait être vidée et nivelée, comme à Auschwitz ».
Dans une interview télévisée, Miri Golan, ministre israélienne de la Promotion de la femme, a déclaré : « Je me fiche de Gaza (…) pour ce que j’en sais, ils peuvent sortir et nager dans la mer ». Elle a ajouté : « Je veux voir les cadavres de terroristes dans Gaza ».
Daniella Weiss, ancienne maire d’une colonie israélienne en Cisjordanie et dirigeante du mouvement des colons israéliens, a déclaré lors d’une interview télévisée que l’objectif d’Israël était de « libérer Gaza des Arabes » afin de préparer « l’établissement de colonies juives dans l’ensemble de la bande de Gaza ».
Personne ne pourra dire que les véritables buts de l’État d’apartheid à Gaza n’étaient pas connus !
Dans un article publié mercredi 27 dans Haaretz, Gideon Levi écrit : « Chaque dimanche et chaque mardi, des gardiens israéliens entrent dans les cellules des prisonniers palestiniens, les entravent et les frappent à coups de matraque.
C’est leur fête hebdomadaire, selon des prisonniers libérés. Quatre prisonniers sont morts depuis le début de la guerre, le 7 octobre, presque certainement sous les coups. Dix-neuf gardiens ayant participé à ces séances de détraqués font l’objet d’une enquête, soupçonnés d’avoir causé la mort d’un prisonnier.
Des centaines de Palestiniens détenus dans la bande de Gaza ont été ligotés et ont eu les yeux bandés 24 heures sur 24, et ont également été brutalement battus. Certains, peut-être même la plupart, n’ont aucun lien avec le Hamas. Certains d’entre eux – personne n’a pris la peine d’indiquer combien – sont morts en captivité à la base de Sde Teiman.
Quelque 4.000 travailleurs gazaouis arrêtés en Israël le 7 octobre alors qu’ils n’avaient rien fait de mal sont également détenus dans des conditions inhumaines. Au moins deux d’entre eux sont morts. Et l’on a déjà beaucoup écrit sur le déshabillage des détenus et les photos humiliantes. »
Là encore, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas !
 
La Solidarité internationale pour aider les Palestiniens
Beaucoup de gens dans le monde, ainsi que de gouvernements sont de plus en plus révoltés contre la situation vécue par les Palestiniens de Gaza victime d’un génocide et ceux de Cisjordanie d’un nettoyage ethnique.
Du coup, la question : « Comment arrêter le massacre ? » devient de plus en plus brûlante.
Seule la solidarité internationale des travailleurs et des peuples peut faire bouger les dirigeants impérialistes afin d’arrêter Israël. Sans les armes et surtout les munitions US, Israël n’a que deux jours d’autonomie, la guerre peut s’arrêter très vite.
Nous avons à plusieurs reprises, évoqué les nombreuses manifestations, partout dans le monde, les initiatives de blocage des ports, y compris récemment en Finlande, se poursuivent. Le mouvement ne faiblit pas.
En France, des initiatives de boycott des marques qui soutiennent Israël ont eu lieu, en ciblant particulièrement Carrefour qui envoie des colis aux soldats occupants. Des manifestations ou rassemblements ont lieu régulièrement.
Il faut profiter du fait que, partout dans le monde, la légitimité d’Israël est de plus en plus rejetée.
Claire Daly, députée européenne irlandaise, membre du Sinn Fein, a une fois de plus critiqué, lundi 25 décembre, Ursula von der Leyen pour sa position sur le massacre israélien à Gaza. Après l’avoir accusée d’outrepasser la politique étrangère pour « encourager un régime d’apartheid brutal », elle a déclaré notamment : « Eh bien, mon Dieu, avec des défenseurs de la démocratie comme ceux-là, je pense que je parle au nom de très nombreux citoyens européens lorsque je dis ‘Nein Danke, Frau Genocide !’ Non, merci, Madame Génocide ».
On peut noter également le revirement de l’Inde. Il y a quelques semaines à peine, l’ambassadeur d’Israël à Delhi décrivait avec enthousiasme la position indienne comme un « soutien à 100% » de son pays. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le 13 décembre, l’Inde a voté en faveur d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies exigeant un cessez-le-feu humanitaire immédiat dans le conflit entre Israël et le Hamas. C’est la première fois que l’Inde soutenait une telle résolution depuis que la guerre a éclaté il y a plus de deux mois. Et les syndicats indiens ont réussi à faire capoter l’idée que des travailleurs indiens soient envoyé en Palestine occupée pour remplacer les travailleurs palestiniens.
Bref, il y a indubitablement une montée en puissance du mouvement de colère contre la guerre coloniale de l’État sioniste et pour la solidarité avec le peuple palestinien. C’est dans cette voie qu’il faut poursuivre en traduisant cette réprobation en actes de lutte.
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, il s’agit toujours que ces luttes, dans un climat d’isolement grandissant de l’État d’apartheid, fassent suffisamment pression sur les impérialistes, au premier chef les USA, et servent de sanctions économiques indirectes sur Israël (le boycott ou l’action des Yéménites en Mer rouge), de telle façon que les sionistes, non par philanthropie, mais par obligation, arrêtent le massacre.
Cela permettrait d’obtenir le Cessez-le-Feu que nous réclamons, avec beaucoup d’autres, depuis longtemps. Nous rappelons aussi qu’une paix durable ne peut exister que si les droits des Palestiniens sont respectés : droit au retour de tous les réfugiés depuis 1948, un État sans apartheid pour les Palestiniens, un même État pour tous les habitants de la Palestine. Pour cela, notre combat ici, est de boycotter au maximum l’État sioniste et d’obtenir que la France rompe ses relations diplomatiques avec les fascistes israéliens.