N° 864 13/03/2024 Depuis la victoire populaire sur la dictature salazariste au Portugal, défaite pour laquelle le Parti Communiste Portugais a joué un rôle important et après une courte période de pouvoir populaire avec la participation des militaires qui ont participé à l'éviction de la dictature, le Portugal est dirigé par deux partis : le Parti Social-démocrate (PSD) et le parti Socialiste (PS). Ils le font en alternance ou en collaboration directe suivant les circonstances politiques. Ces deux partis sont profondément d'accord sur l'essentiel, à savoir la défense des intérêts capitalistes et du patronat, ainsi que sur l'intégration du Portugal dans la construction impérialiste qu'est l'Union Européenne (UE). Pour ce faire, ils mènent des politiques opposées aux intérêts des salariés et des couches populaires les plus pauvre. Jusqu'à présent ce duopole[1] a résisté à toutes les situations de crise sans, bien entendu, répondre aux besoins des classes populaires. Dans la dernière période, depuis 2019, c'est le PS avec une majorité absolue ou relative qui dirige le pays avec le soutien pour les XXIe et XXIIe gouvernement constitutionnel du Bloc de Gauche et de la Coalition Démocratique Unitaire à laquelle participe le Parti Communiste.
Les élections législatives de dimanche ont été provoquées par l'absence de majorité pour voter le budget du fait du refus du Bloc de Gauche et de la coalition Démocratique Unitaire et la démission du 1er ministre A. Costa prise à la suite d’une affaire de corruption relative au marché florissant de l’exploration du lithium et de l’« hydrogène vert » dans laquelle sont impliqués son chef de cabinet et son ministre des infrastructures. Les résultats des élections sont tout à fait significatifs du ras-le-bol populaire devant les difficultés économiques et sociales et l'absence de perspective politique offerte par le duopole PSD-PS. Ainsi, avec une participation de 66,20% en forte hausse de +15,16%, le PS subit un revers majeur. S'il termine en tête du scrutin avec 28,66% des voix (-13.02 %) il obtient 77 sièges (-40), quant au PSD, il échoue à devancer les socialistess, avec 28,63% des voix (-1,32) et 76 sièges (+3). Le grand vainqueur du scrutin, c'est le parti Chega (çà suffit !), un parti qui surfe de manière démagogique sur le mécontentement sans pour autant mettre en cause le système capitaliste qui sort largement renforcé de ce scrutin avec 18,06% des voix (+10,91) et 48 sièges (+36).
Comme dans de nombreux autres pays de l'Union Européenne, c'est le cas en France avec le Rassemblement National, ce parti est un fer au feu du capital, celui d'une capacité à absorber et à détourner la colère populaire pour faire avancer les mesures impopulaires exigées par les patrons. S'y ajoute une volonté de diviser et de combattre le mouvement ouvrier pour le priver de ses outils de lutte. Ce d'autant que le PCP sort affaibli de ces élections. Pour la Coalition Démocratique Unitaire, composée du Parti Communiste Portugais, du Parti écologiste Les Verts les résultats ne sont pas bons. La CDU remporte 3,30% des voix (-1,09) et conserve 4 sièges (-2). De son côté, le Bloc de Gauche, une coalition proche de LFI ou Syriza, conserve ses cinq élus et remporte 4,46% des voix.
Ce recul du PCP interroge sur les stratégies de soutien direct ou critique à des politiques menées par la Social-démocratie dont l’expérience montre et nous en savons quelque chose en France qu'elles sont entièrement au service du capital et entraînent la classe ouvrière dans la voie du renoncement à la lutte des classes.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_social-d%C3%A9mocrate_(Portugal)
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_socialiste_(Portugal)
(3) https://fr.wiktionary.org/wiki/duopole
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_socialiste_(Portugal)
(3) https://fr.wiktionary.org/wiki/duopole




