N° 948 23/10/2025 Le 18 octobre, des millions d'américains, 7 selon les estimations dans 2.700 rassemblements, ont tenu à dénoncer, ce qu'ils appellent "la prise de pouvoir autoritaire" de Donald Trump. Le mot d'ordre de cette journée : "No kings" (pas de rois) a été le thème central de ces manifestations. Déjà, voilà quelques mois, pas moins de 5 millions de citoyens avaient exprimé leur colère contre la violente chasse aux migrants organisée par la police anti-immigration et qui a conduit selon le journal la Libre Belgique1 à l'expulsion de plus de 100.000 d'entre eux dans des conditions de légalité plus que douteuse. S'ajoute à cela, l'intervention de la garde nationale dans les grandes villes dirigées par le Parti démocrate2. Le pouvoir états-unien ne se privant pas par ailleurs d'organiser le contrôle étroit de l'appareil judiciaire et administratif de l'union. Cette prise de pouvoir autoritaire, a tout à voir avec l'agressivité d'un capitalisme monopoliste états-unien à la recherche d'une voie pour affirmer sa domination mondiale dans la concurrence féroce qui l'oppose aux puissances capitalistes émergentes, renvoie à la question fondamentale des formes politiques que se donnent les classes dirigeantes afin d’asseoir leur domination et perpétuer l'exploitation capitaliste. Cependant, cet aspect des choses est largement passé sous silence par le Parti Démocrate qui privilégie dans son discours la question démocratique, détachée de tout rapport avec les exigences du capitalisme. Ce que résume bien B. Sanders déclarant lors d'un de ces meetings : " [le] modèle américain est en danger", en évitant soigneusement toute référence explicite au rôle de l'impérialisme étas-unien et tout particulièrement son soutien sans faille à Israël. De son côté le Parti Communiste des USA va plus loin dans son analyse estimant qu' : " Agir au nom des sections les plus réactionnaires du capital monopoliste, c’est se lancer dans une offensive sans précédent contre la classe ouvrière. "
Si ces manifestations marquent un rejet croissant du projet autoritaire, voire fascisant, des classes dominantes états-uniennes, il n'en reste pas moins, pour l'instant, limité dans sa portée en ce qu'il ne pose aucunement la question en terme de lutte de classe et n'analyse pas le caractère de classe de l'évolution autoritaire de la dictature du capital.




