Gantry 5

 

N° 946 09/10/2025  Un vent de révolte souffle depuis plusieurs semaines sur le Maroc. En cause, l’état délétère des services publics, les hôpitaux et les écoles délabrés. Dans cette situation qui dure depuis que le Maroc a obtenu son indépendance, la décision du régime monarchique de consacrer des sommes faramineuses à la construction de stades pour accueillir la coupe du monde de football a été une ultime provocation qui a mis le feu aux poudres.
Ce sont les jeunes des milieux populaires qui ont lancé le mouvement, la fameuse « génération Z ». Des milliers de jeunes ont manifesté et manifestent partout dans le pays avec un slogan clair : "Nous ne voulons pas de Coupe du Monde, nous voulons des soins." Le système de santé à bout de souffle : des patients décèdent dans les hôpitaux, notamment six femmes enceintes à l’hôpital Hassan II d’Agadir. Les survivants du séisme de 2023 sont toujours dans des camps précaires. Le chômage des jeunes est massif (36,7% chez les 15-24 ans), accompagné de la généralisation de la précarité et de l’absence de perspectives.
La contestation, exige santé, éducation, dignité et fin de la corruption.
Mais, bien vite, les jeunes ont été rejoints par d’autres. Il ne faut plus parler de génération Z ni de génération X. Une révolte d’ampleur est en cours au Maroc et tout le monde y participe : vieux, jeunes, femmes et enfants. L'insoutenable situation des Marocains crée une colère qui sera difficile à arrêter sans de véritables mesures.
Or l’État monarchique, comme à son habitude, répond par la répression : manifestations brutalement dispersées, téléphones confisqués, arrestations, blackout médiatique. Des violences policières documentées circulent malgré tout. À Agadir, deux manifestants ont été tués à balles réelles par la police marocaine. Les militants d’une véritable opposition sont également victimes d’une répression policière intense, comme Nabila Mounib, dirigeante du PSU (parti de gauche issu de l’ancienne USFP).
Cette répression n’arrête pas la révolte. Des manifestants se sont attaqués à des commissariat, le siège du gouverneur de la Province de Taroudant a été incendié.
L’autre moyen de ne pas tenir compte des manifestations est le black-out complet des media, aussi bien dans le Royaume chérifien que chez l’ancien colonisateur, la France. Très peu de personnes, en France, s’expriment sur le sujet. Un consensus se fait jour pour défendre le royaume tyrannique et ses liens importants avec l’État colonial sioniste.
Un temps, une des solutions pensées par le pouvoir a été de faire sauter un fusible, le gouvernement. Mais, de plus en plus de manifestants pointent la responsabilité du régime et du roi Mohamed VI. Le peuple marocain sait que le premier responsable au Maroc, c’est le Roi. Il nomme, décide de tout dans le pays et donne les ordres. Les gouvernements ne sont que des pions. Les Marocains sont, en particulier, indignés par l’opulence dans laquelle vivent le roi et son entourage. 657 000 € par jour : c’est ce que coûte le roi du Maroc aux contribuables.
Bien entendu, les soutiens du roi essaient soit de traiter de racaille les et d’appeler à la répression tous azimuts, soit de dire que les manifestants sont respectueux du roi et en appellent à lui. Le roi quant à lui, a tenté une diversion sous la forme d’un hommage à feu son père, qui a d’autant plus fait long feu que cela a rappelé des temps où la répression était encore plus féroce.
Ce mouvement ne nous éloigne pas de la juste cause des Sahraouis, colonisés par le Royaume marocain. On ne peut pas comprendre la révolte actuelle au Maroc sans parler du Sahara occidental. Les deux luttes sont liées par un même système de répression et d’exploitation. Ce que vivent aujourd’hui les classes populaires marocaines : répression, injustice, accaparement des richesses, les Sahraouis y font face depuis des décennies.
Les manifestations se poursuivent dans une censure totale et un silence éhonté de la part des media en France. Sur place, les jeunes manifestants déjouent la censure en utilisant Discord et les réseaux sociaux pour se coordonner et diffuser des vidéos et témoignages.
Le Parti Révolutionnaire Communistes soutient sans réserve les volontés d’émancipation, de liberté et d’un vrai service public des classes populaires marocaines.
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