N° 908 14/01/2025 La crise qui caractérise les relations entre l'Algérie et la France ne cesse de s'approfondir. Dans un contexte de difficultés et d'instabilité politique, cette crise sert de prétexte pour détourner l'attention des causes profondes de la crise économique, sociale et politique qui se développe en France. Elle permet de masquer les réalités d'un alignement de plus en plus clair de la diplomatie française sur les positions de l'impérialisme états-unien dans la guerre génocidaire que mène l'entité siosniste contre le peuple palestinien. De ce point de vue, la reconnaissance par la France des droits du Maroc sur le Sahara Occidental au mépris des résolutions de l'ONU à ce sujet ont accentué des contentieux plus anciens. Le Parti révolutionnaire Communistes s'est prononcé sur cette question dans un communiqué[1] à propos de la déclaration d'E. Macron concernant la position de la France sur le Sahara Occidental et en donnant la parole[2] au Front Polisario, représentant légitime du peuple Sahraoui.
Les relations franco-algériennes après l'indépendance de l'Algérie en 1962 ont été marquées par les déclarations de 2003[3], 2012[4] et 2022[5] qui visaient à renforcer les liens politiques, économiques, sociaux et culturels des deux pays. Ces déclarations prenaient en compte une réalité que le préambule de celle de 2022 traduit ainsi : " Soixante ans après l’indépendance de l’Algérie et dans l’esprit des Déclarations d’Alger de 2003 et de 2012, la France et l’Algérie, fortes des liens humains exceptionnels qui les unissent et résolument déterminées à promouvoir leur amitié et à consolider leurs acquis en matière de coopération et de partenariat, renouvellent leur engagement à inscrire leurs relations dans une dynamique de progression irréversible à la mesure de la profondeur de leurs liens historiques et de la densité de leur coopération."
En effet, la France et l'Algérie ont des liens historiques profonds dominés par la réalité coloniale. ce sont des liens d'une densité humaine exceptionnelle. La France ce n’est pas seulement le pays qui a occupé militairement l'Algérie et l’a colonisé durant 132 ans. Ce n’est pas seulement le pays que les patriotes algériens ont affronté durant plus d’un siècle de guerres de résistance et durant sept ans et demi de guerre de libération nationale qui a coûté à ce peuple plus d’un million de morts. Ces chiffres incontestables, en dépit de leur froideur, attestent de la réalité de la densité exceptionnelle des rapports humains qui lient nos deux peuples qui partagent près de deux siècles d’histoire, si mouvementée et douloureuse qu’elle ait été :
-1,1 million de Français sont d’origine algérienne
-Près d’un million d’Algériens résident en France où ils participent activement à la vie économique et sociale
-Le nombre de Français ayant un lien direct avec l'Algérie avoisine les sept millions
-L’Algérie est le premier pays francophone après la France
Ces liens incontestables sont toujours marqués du côté de la France ex-puissance colonisatrice par un relent de néo-colonialisme comme le fait remarquer le journal Algérien El Moudjahid quand il écrit dans son éditorial du 7 janvier 2025 intitulé : " Propos injurieux du Président Français contre l’Algérie : Inacceptable !" que : " À la France historique et à l’Algérie indépendante», trinquait le Président Giscard d’Estaing, portant un toast, lors de sa visite à Alger en 1975. Son homologue Houari Boumediène répondit au vol : «À l’Algérie indépendante et que Dieu la préserve de l’opprobre de l’histoire.»
C’est donc avec finesse que le Président Boumediène avait fait savoir à Giscard que l’histoire de la France était jalonnée d’opprobre et de déshonneur. Et quand, cinquante ans plus tard, un autre Président français, Emmanuel Macron, se lance dans la distribution des tableaux d’honneur aux autres pays, il faut dire qu’il est très mal placé pour cet exercice. Voyons un peu son palmarès. En l’espace de deux ans, les soldats français ont été chassés comme des malfrats du Tchad, du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Centrafrique, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Y a-t-il plus déshonorant ? Pour Macron, oui, puisque c’est dans son pays que croupit George Ibrahim Abdallah, l’un des plus anciens prisonniers politiques au monde. Emprisonné en France depuis plus de 40 ans, ce dernier est libérable depuis 25 ans."
Le fond du problème, c'est le positionnement de la France comme puissance impérialiste dans le soutien au Maroc reconnaissant sa souveraineté sur le Sahara Occidental. Ce soutien, tandis que l' Algérie reconnait justement le droit à l'indépendance du peuple Sahraoui est évidemment un choix stratégique qui conduit la France à s'aligner sur l'impérialisme états-uniens et à faire de l'Algérie un adversaire déclaré. Ce d'autant que le Maroc, à la différence de l'Algérie a jeté aux orties le soutien à le lutte de libération du peuple palestinien pour être un allié de la puissance coloniale sioniste en Palestine. Les petites manœuvres des Retailleau, Darmanin et de biens d'autres politiciens sur les droits de l'Homme à propos de l’Algérie, outre qu'elles sentent une cuisine néo-coloniale mal réchauffée et alimentent le raciste ne sont que des moyens d'éviter le débat de fond. Rappelant nos positions sur le droit des peuples Sahraoui et Palestinien, nous condamnons et combattons la position de la France impérialiste vis-à-vis de l'Algérie, assurant le peuple algérien de notre solidarité dans son combat pour le respect de son indépendance.
[1] https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/afrique/2920-communique-du-parti-revolutionnaire-communistes-a-propos-de-la-declaration-de-macron-concernant-la-position-de-la-france-sur-le-sahara-occidental




