Gantry 5

 

N° 965 19/02/2026  Quentin Deranque est présenté par les média tel un « militant pacifique », jeune étudiant de 23 ans « joyeux » et « non violent » une image idyllique du «jeune chrétien tué par les antifas». Les groupes néofascistes revendiquent quant à eux « leur camarade » sous un tout autre jour: celui d’un militant néofasciste engagé… Mediapart révèle également sa présence l’an dernier à Paris à la manifestation du comité du 9 mai (C9M), groupuscule néofasciste dans lequel il militait. Un engagement actif dans une ligne idéologique néofasciste glorifiant le nazisme, pratiquant l’intimidation politique contre toute opposition. Loin de l’image « pacifique » relayée par les grands "média ", le militant défendait un projet politique clair : violent, néofasciste, structuré par l’antisémitisme, le racisme, le besoin de restaurer une pureté raciale, lié à un catholicisme intégral, militant traditionaliste, royaliste.
Il était venu assurer le service d’ordre dans le cadre d’une action raciste organisée par des militantes d’extrême droite de Némésis, se mobilisant contre la tenue d’une conférence de Rima Hassan dans le campus de Sciences-Po Lyon.
L’extrême droite tue, mutile et terrorise en toute impunité depuis des années.
Si l’on ne peut que déplorer la mort de ce jeune étudiant sous les coups et condamner la méthode de ceux qui l’ont frappé, quels qu’ils soient, la campagne menée évacue le fait que ce sont d’abord les nervis d’extrême droite qui agressent, frappent et tuent, les responsables politiques dédouanent l’extrême droite et mettent sous le tapis la réalité de ses violences . Celles-ci se multiplient ces dernières années. La ville de Lyon s’impose comme l’un des principaux centres de violence en France, tel en témoigne le meurtre raciste d’Ismael Aali, 20 ans retrouvé sans vie près d’un étang début janvier dans l’indifférence la plus totale de la classe politique. "Rue 89" recense 102 actions violentes imputables à l’extrême droite à Lyon entre 2010 et 2025.
Entre 1986 et 2021 en France, sur 53 «meurtres à caractère idéologique» recensés, 90% ont été commis par l’extrême droite ! Depuis 2022 : 11 morts et 19 blessures graves par balle ou arme blanche victimes de l’extrême droite
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre :
Une grande partie de la classe politique, du PS au RN en passant par les macronistes, s’efforce de tirer profit du drame et dénonce la « violence politique » et d’« antisémitisme » de LFI et la violence de ceux qu’ils appellent « l’ultragauche » :
« Les milices de Mélenchon tuent »: Marion Maréchal-le Pen ; «C’est l’ultra-gauche qui a tué, pas la police » : Darmanin, ministre de la Justice ; « LFI porte une responsabilité morale (…) en encourageant la violence » : Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement ; « LFI brutalise le débat politique » : Raphaël Gluksmann. Le ministre de l’Enseignement supérieur envisage d’interdire les conférences de Rima Hassan dans les universités prétextant qu’elles représenteraient « un trouble à l’ordre public ». Marine Le Pen parle de « milices d’extrême-gauche » qu’elle appelle à « considérer comme des groupes terroristes », Bruno Retailleau évoque « l’extrême violence qui règne dans les satellites qui gravitent autour de LFI ». Gabriel Attal a fustigé « la violence de l’extrême gauche [qui] s’est déchaînée ». La droite utilise la situation en appelant à de nouvelles mesures autoritaires. L’opération est claire : utiliser la situation afin de criminaliser la lutte contre l’extrême-droite et l’antifascisme. Cette campagne vise à intimider ceux qui refusent de marcher au pas et contestent leur ordre social, la violence vient de la société capitaliste qu’ils défendent.
S’opposer aux offensives autoritaires en cours et à venir.
Nunez, Darmanin lancent une offensive contre les droits démocratiques, dans la continuité de la répression des grandes mobilisations sociales des dernières années, du mouvement de solidarité avec la Palestine L’instrumentalisation politique en cours prépare des attaques brutales, l’extrême droite à l’offensive relayée au sommet de l’État. "Chassez le naturel, il revient au galop" avec le FN/RN Bardella il faut : « renforcement des interdictions administratives de manifester » « Nous réclamons également la publication par l’État d’une liste d’organisations ou de groupuscules faisant peser un risque grave sur l’ordre public et la sécurité nationale ». Nos universités doivent rester des lieux d’étude, à l’abri de tout endoctrinement idéologique, de toutes les pressions politiques, de toutes les intimidations. Je demande « que les services de l’État identifient les établissements à la dérive et procèdent à leur mise sous tutelle pour y rétablir partout la loi et l’ordre. « Constituer un véritable cordon sanitaire pour isoler la France insoumise et la tenir à l’écart des institutions, que ce soit à l’Assemblée nationale, où ses députés siègent dans de nombreuses instances ou lors des prochaines élections municipales ».
François Hollande ne dit pas mieux. «Jean-Luc Mélenchon  n’a pas sa place. Au 2e tour, il n’y aura pas de Jean-Luc Mélenchon, j’en fais la promesse», a-t-il lâché. Il plaide pour que «la gauche réformiste soit au rendez-vous et présente». Souhaitant un mouvement collectif incluant la gauche réformiste et s’étendant au-delà du seul Parti socialiste !
Ces jeux politiciens ne peuvent pas apporter de réponse aux travailleurs
A un mois des élections municipales et un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, les arrière-pensées électorales de cette vaste campagne contre LFI sont évidentes. Le RN est le fer au feu du capital afin d’absorber le mécontentement de manière à faire avaler une politique anti-sociale sévère. Ces jeux politiciens ne peuvent pas apporter de réponse aux travailleurs qui continuent d’être confrontés aux salaires insuffisants pour terminer le mois, au chômage, aux emplois précaires, aux licenciements, aux politiques d’austérité, la destruction des services publics, les fermetures d’entreprises, à la marche vers la guerre…
La CGT dans un communiqué appelle « au respect de l’Etat de droit ». Marx doit faire des bonds, le seul État de droit que connaît le capital c'est fondamentalement celui de l'exploitation de l'Homme par l'Homme, notre choix, c'est celui de la combattre, c'est la voie de la lutte de classe !
Il n'y a rien à attendre d'un rassemblement anti-RN au nom de la lutte antifasciste ayant amené Macron au pouvoir. Restons sur le seul terrain qui puisse faire obstacle aux visées des forces sociales, économiques et politiques dirigeantes, celui de la lutte de classe, celui de mener le combat pour le renversement révolutionnaire du capitalisme ouvrant la voie vers une société socialiste.
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