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N° 960 15/01/2026  Après un nouveau rejet en commission des finances le week-end dernier, les députés réexaminent le projet de loi de finances pour 2026 à partir de la version votée par le Sénat mi-décembre ! Lecornu entrevoit désormais deux scénarios autoritaires possibles afin d’imposer l’austérité: le 49.3 ou les ordonnances. Le Socialiste Boris Vallaud ouvre la porte à un 49.3 du gouvernement : « Le 49.3 ne nous appartient pas. Mais le gouvernement devra donner des motifs de ne pas être censuré. » Idem du côté de Hollande PS ou de Retailleau de LR proposant aussi de revenir sur au 49.3.
L’exécutif agite la menace de dissolution de manière à précipiter l’adoption du budget 2026 et imposer l’austérité avant les municipales. Le Parti socialiste, béquille du macronisme, continue les négociations orchestrées par le gouvernement assurant une nouvelle fois la stabilité du régime.
 
Un compromis permettrait au gouvernement de dégainer le 49.3 et d’avoir un accord de non-censure.
Le jeu d’équilibriste se livre entre le gouvernement et les partis politiques afin de permettre au gouvernement d’imposer par la force son budget anti-ouvrier. Mais l'expression du mécontentement est loin d’avoir disparu depuis le mouvement #OnBloqueTout du 10 septembre . C'est bien ce qui oblige les contorsions auxquelles nous assistons!
Ce budget, quel que soit l’outil pour l’imposer a la même colonne vertébrale que celui de Bayrou en août: faire payer la crise : aux classes populaires, services publics et collectivités, tout en sanctuarisant les priorités régaliennes : armée, police, justice et les intérêts des monopoles et des entreprises.
Un même argument tourne en boucle: si l’Etat est endetté c’est parce que le système social français est « trop généreux ». C'est ce que répètent nos perroquets politiciens et journalistes économiques, pour eux il faut couper dans les retraites, l’assurance chômage, les services publics, la sécurité sociale, etc…Rappelons à ces messieurs que toutes les richesses sont créées par le travail salarié, de sorte que les dépenses de protection sociale sont financées par les salariés eux-mêmes, via les cotisations sociales et l’impôt, les cotisations dites patronales ne sont qu'un prélèvement sur la plus-value créée par le travail
 
Le capitalisme français délapide les finances publiques.
*La commission d’enquête du Sénat – de droite – a récemment chiffré les aides aux entreprises à 211 milliards d’euros annuels. L’État, comme le Sénat n’intègrent pas dans leur calcul les exonérations de cotisations sociales, les crédits d’impôt et mille et un autres dispositifs fiscaux dont bénéficie le patronat. Le Nouvel Obs a évalué ce détournement  d’argent public à 270 milliards d’euros par an.
*Les monopoles se gavent d’argent public sans que cela est le moindre effet en matière d’emplois ou d’investissements : deux exemples, entre 2013 et 2018, Carrefour a perçu 744 millions d’euros de CICE, « crédit d’impôt » censé garantir l’emploi et dans la même période, les dirigeants de ce groupe ont supprimé des milliers de postes avec la complicité de l’État. Autre exemple lors de la pandémie de Covid, Air-France KLM avait bénéficié d’aides de l’État à hauteur de 1,4 milliard d’euros, hormis les prêts garantis par l’État et les prêts directs. Dans le budget 2026 le gouvernement veut effacer une partie de cette dette à hauteur de 727,8 millions d’euros, ainsi que « les intérêts courus et échus » relatifs à ces sommes. En novembre 2025 le bénéfice net de l’entreprise s’élevait à 768 millions d’euros !
*Aux aides s’ajoute la « commande publique » de 40 à 50 milliards d’euros par an allant aussi dans la poche des actionnaires.
*En 2008, l’État français a perfusé les banques en garantissant plusieurs centaines de milliards d’euros d’emprunts et en injectant des dizaines de milliards d’euros de fonds publics. Pendant la crise du Covid-19, un plan de soutien de 225 milliards d’euros a été mobilisé. Bénéficiant largement aux plus grandes entreprises.
*La fraude fiscale se situe entre 80 et 100 milliards d’euros par an !
*Les grandes entreprises acquittent très peu d’impôts : si elles avaient le même taux d’imposition que les PME: se serait 14 milliards d’euros, en plus dans les caisses !
*Au nom de la « défense nationale », le peuple français est sommé d’accepter des coupes budgétaires drastiques afin d'alimenter un budget de l’armée grimpant à 66 milliards d’euros par an. C’est autant d’argent englouti pour défendre les intérêts de l’impérialisme français, le profit des entreprises de morts au détriment des services publics, de la protection sociale et une jeunesse promise en chair à canon.
Si la société va mal c’est parce qu’elle est dominée par le capitaliste captant la richesse produite par la classe ouvrière. Les seuls intérêts de la dette atteindront 60 milliards d’euros en 2026 c’est leur dette pas la nôtre.
*Les profits continuent de battre des records. En 2024, les entreprises du CAC 40 ont versé quelque 73 milliards d’euros de dividendes (54 % de leurs bénéfices aux actionnaires, un record)… La France est le pays européen versant le plus de dividendes aux actionnaires.
*Plus de la moitié des profits, en France, ne servent ni à l’investissement ni aux salaires, mais à la rémunération des actionnaires et l’on nous répète que les travailleurs « coûtent trop cher » !
*Le patrimoine des 500 familles les plus riches a doublé en moins de 10 ans : il atteint désormais 1.500 milliards d’euros. Dans le même temps, la misère n’a pas cessé de croître dans la masse de la population.
 
La richesse créée par les travailleurs doit leur revenir.
Le capital en veut toujours plus. Macron lors de la cérémonie de la galette républicaine est revenu sur le 1er mai chômé et férié. Une proposition de loi a été déposée et sera discuté le 22 janvier dans le cadre des niches parlementaires afin de faciliter l'ouverture des commerces le 1er mai. Déjà voté au Sénat, le communiqué de l'intersyndicale conclut : « dans cette période trouble gardons des temps communs d'apaisement le 1er mai doit rester ce qu'il est un jour férié et chômé ». Mais pas d’appel à la lutte !
Les organisations confédérales donnent des gages au pouvoir afin d’assurer la « stabilité » du pays. Loin d’établir un plan de bataille capable de mettre fin aux coupes budgétaires, à l’austérité dans la santé et dans l’enseignement. La CGT vient de mettre à jour les plans de licenciement : 483 PSE cette année, 107.562 emplois menacés. Les directions syndicales tentent encore de négocier avec le gouvernement macroniste avec la Conférence Travail et retraites plutôt que de défendre les travailleurs. Imposons aux directions syndicales un plan de lutte offensif et arrêtons de mendier des miettes. Cessons de nous coller systématiquement aux agendas de nos ennemis de classe.
 
Il est grand temps de mettre la société entre les mains de la classe qui la fait vivre !
Arrêtons de s’adapter au cirque, calendrier parlementaire et à la discussion avec ce gouvernement. Mercredi 14 janvier, les motions de censure déposées par La France insoumise (LFI) et par le Rassemblement national (RN) ont été rejetées par l'Assemblée nationale. Exiger le retrait du budget sans négociation, refuser la politique de guerre, les annonces guerrières et les sommes faramineuses accordées à l’armée. Le mouvement ouvrier doit intervenir afin de s’opposer aux offensives en cours. La colère existe pour faire tomber l’offensive austéritaire.Il est extrêmement urgent de construire un véritable plan de bataille pour affronter Macron-Lecornu-le patronat.
#toutbloquer et #ToutReprendre, imposer la rupture avec le capitalisme, son exploitation et ses guerres. Seule une intervention massive et déterminée et le blocage de l’économie peuvent imposer au gouvernement la fin des politiques austéritaires.
Les travailleurs ont besoin d'une mobilisation porteuse d’espoir !
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