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N° 955 11/12/2025  Budget de la Sécu voté ! Le PS et les verts s’accordent avec Lecornu pour accélérer la casse de la santé et de l’hôpital public. Le texte est passé grâce aux votes de la gauche, le PS (63 voix pour sur 69 et 6 abstentions) et EELV (3 pour, 9 contre et 26 abstentions sur 38). Tous les deux ont volé au secours du gouvernement. Lecornu respire : le vote du budget de la Sécu promettant l’austérité contre la santé et l’hôpital public est passé(1) !
*Le texte envisage des coupes de 3,6 milliards d’euros dans l’hôpital public, le gouvernement pourra s’arroger le droit de couper des crédits en cours.
*Le gouvernement a réussi à faire voter une taxe de 1 milliard d’euros sur les complémentaires santé. Les mutuelles répercuteront cette taxe sur les cotisations: la facture finale sera à la charge des assurés.
*Durée des arrêts maladie limitée.
*Exclusion de 1,5 million de personnes du mécanisme d’Affections de longue durée (ALD) comme les patients diabétiques. Le PS a une nouvelle fois sacrifié les travailleurs sur l’autel de l’austérité.
 
Le Parti socialiste , la CFDT nous vendent des succès, mais ce sont des leurres. 
Le PS et la CFDT ont obtenu des queues de cerises c'est-à-dire rien. La CFDT souligne le sens des responsabilités des députés ayant permis l’adoption du budget. Notamment le décalage dans le temps de l’application de la réforme des retraites. Le PS se vante: 3,5 millions de travailleurs en bénéficieront. La CFDT annonce que 700 000 travailleuses et travailleurs vont pouvoir liquider leur retraite à 62 ans et neuf mois, soit trois mois de gagner! Or la caisse des retraites annonce seulement 70.000 dossiers pour 2026 ! A l’issue du scrutin présidentiel de 2027 la réforme reprendra sa montée en charge : l’âge légal reste 64 ans et la durée de cotisation 43 ans !
Dans ce PLFSS il est également question de baser le calcul de la pension des mères sur les 23 ou 24 meilleures années, selon leur nombre d’enfants, au lieu de 25 ans aujourd’hui : la mesure représenterait seulement une amélioration de 1 % des pensions des femmes !
Les gouvernements successifs ont asséché les recettes de la Sécu, Macron en 2017 a accéléré cela en transférant 270 milliards dans les poches des entreprises ! Jamais assez : les trois principales organisations patronales ont demandé au gouvernement de « renoncer clairement à toute baisse des allègements de cotisations » sociales afin de faire des économies.
Jamais la pauvreté n’a progressé aussi vite. Le nombre total de pauvres est proche de 12 millions de personnes ! En six ans, 1,2 million de personnes sont devenues pauvres, faisant passer le taux de pauvreté de 13,7 % de la population à 15,4 %.
Après le budget de la sécu les députés vont devoir examiner à nouveau le projet de loi de finances 2025, soit le budget de l’État. Celui-ci avait subi un revers historique à l’Assemblée en obtenant 404 voix contre et une voix pour. Le gouvernement espère que l’adoption du PLFSS enclenchera une dynamique plus favorable pour le budget de l’État. Il y a urgence à affronter l’offensive austéritaire pour faire payer la crise aux travailleurs et financer la course à l’armement avec une hausse sans précédent du budget militaire de 7 milliards validé massivement ce jeudi par les députés(2). Les annonces guerrières se multiplient dans le but de faire avaler la couleuvre. Pas une vie, pas un sou pour leur guerre, disions-nous. Engageons une offensive contre la politique réactionnaire du gouvernement et de ses complices.
 
Le capital veut une autre solution politique :
Le deal entre le PS et la macronie est un aspect de la reconfiguration politique. Le PS est la bouée de sauvetage d’un système à l’agonie en recomposant un « centre-gauche responsable » avec Faure, Vallaud, Attal, Tondellier. Cette séquence politique a le mérite de clarifier les positions des uns et des autres. Le Parti Socialiste a toujours été la roue de secours du capitalisme et le sera toujours.
Marine Le Pen et Bardella dessinent une future alliance  avec la droite afin de constituer une majorité absolue à l’Assemblée. Nicolas Sarkozy ouvre la porte de l’union entre la droite et l’extrême droite. Il affirme qu'il ne s'associerait pas à un front républicain anti-RN lors des prochaines élections. « C’est une voix qui porte dans le débat politique. Il a toujours de nombreux soutiens », a reconnu Julien Odoul, RN, député de l’Yonne jugeant cette intervention de : « bienvenue ». Une « union des droites » Bruno Retailleau président des Républicains et ancien ministre de l’Intérieur de Macron avait appelé à ne pas accorder « une seule voix pour la gauche » dans le Tarn-et-Garonne. Il déclarait aussi : «Le Rassemblement national appartient à l’arc républicain, ce qui n’est pas le cas de La France Insoumise». Laurent Wauquiez (LR) dit son admiration pour la dirigeante d’extrême droite italienne Giorgia Meloni : un «modèle» selon lui.
 
S’attaquer frontalement à Macron, Lecornu et au patronat.
Les directions syndicales cherchent à ressusciter le dialogue social. La CFDT de Marylise Léon joue activement pour la stabilité en appelant à voter « absolument » pour le budget de la Sécu, Sophie Binet (CGT) retourne à la case du dialogue social en participant à la Conférence Travail et Retraites. Les travailleurs et les travailleuses avec leurs syndicats CGT doivent décider, agir en dehors des cadres institutionnels, des institutions, notamment parlementaires, gouvernementales, patronales. En finir également avec les agendas de NAO dans les entreprises et revendiquer tous ensemble: l’augmentation des salaires, l’arrêt de toutes les mesures d’austérité des budgets 2026, la retraite à 60 ans avec 37,5 années de cotisation et en prenant en compte les 10 meilleures années pour tous et 55 ans concernant les travaux pénibles. L’emploi : lors d’une conférence de presse le 9 décembre 2025, la CGT a actualisé sa carte interactive: 483 plans de fermetures d’entreprises (100 de plus qu’en mai dernier) et de suppressions de 300.000 emplois en France.
Imposer notre agenda en construisant un vrai rapport de force pour nos revendications ! Engageons une offensive contre la politique réactionnaire du gouvernement et de ses complices.
*Remettre au centre une stratégie de classe : la grève comme seul moyen, outil et arme fondamentale des travailleurs.
*Combattre l’hégémonie économique, idéologique et politique du capital sur la société pour en construire une dans laquelle les hommes et les femmes salarié(e)s, les jeunes, les retraité(e)s cesseront d’être exploités.
(1)Pour 247 voix. Contre 234. Abstention: 93 
(2) Pour l'adoption: 411. Contre : 88. Abstention : 22
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