Gantry 5

 

N° 954 04/12/2025  Un budget nettoyé par le Sénat, de tous les amendements, qui ne modifiaient en rien son caractère austéritaire, est examiné en deuxième lecture à l’Assemblée.
Les consultations occultes ont repris à Matignon pour trouver à nouveau un accord avec le Parti socialiste afin de faire passer le texte austéritaire de Lecornu avant la fin de l’année. Le 49-3 ou les ordonnances sont de plus en plus évoqués, il est urgent de construire une réponse à la hauteur de la situation. Lecornu cherche un accord avec la droite au sujet des concessions qu’il était possible de lâcher au PS : désindexation partielle des pensions au-dessus de 1.700 euros, hausse de la CSG plus réduite que dans la version des députés et année blanche limitée à certaines allocations (à l’exception du RSA, de l’Allocation Adulte Handicapée et de l’Aspa). Olivier Faure explique que les négociations « progressent » au sortir de son rendez-vous à Matignon, appelle au compromis et Hollande plaide en faveur d’un retour au 49.3. Lecornu peut compter sur le Parti socialiste.
 
L’urgence est de construire la mobilisation contre les attaques anti-ouvrières de Lecornu.
La CGT, FSU et Solidaires ont appelé à une journée de mobilisation le 2 décembre, pour « retirer […] la série d’horreurs dans ce budget », selon les mots de Sophie Binet et « faire pression sur le vote ». Cette journée sans lendemain reconduit une stratégie incapable de générer une dynamique capable d’aller arracher le retrait immédiat et sans négociation du budget 2026. Cette journée a été faible, peu d’appel à la mobilisation, pas de perspective, alors que la colère contre Macron et son budget est de plus en plus forte. 150 manifestations des cortèges clairsemés réunissant quelques milliers de personnes dans des défilés ou rassemblements. A Paris, la CGT a décompté 17.000 participants. Une faible mobilisation contrastant avec les actions du 10 septembre,
 
Il est urgent de tirer un bilan de cette journée.
Les directions syndicales donnent des raisons de cet échec les dédouanant de leurs responsabilités: « Le problème de fond, c’est que ce budget, personne n’y comprend rien ». Sophie Binet, blâme le gouvernement d’ « anesthésie générale », de « créer la confusion et l’attentisme»! Sur le site de la FSU aucune trace d’appel à la journée du 2 décembre ! et en conclusion : la faible mobilisation serait la faute des travailleurs qui ne voudraient pas se mobiliser ! Non, la colère face au budget est toujours profonde et loin d’être éteinte. Le mouvement de septembre l’avait illustré avec force, l’opacité du débat parlementaire évoqué par Binet existait déjà ! La majorité des travailleurs a bien conscience de l’austérité: 7 personnes sur 10 trouvent le budget « injuste ».
La question a posé est plutôt : quelle stratégie de mobilisation afin qu’elle se matérialise dans la rue et par la grève ? Le bilan de la stratégie de « pression » pour des miettes est totalement inefficace et décourage les travailleurs Tout comme cet appel à « Interpellez votre député·e » jusqu'au 9 décembre date à laquelle le budget de la sécurité sociale sera soumis à l'Assemblée nationale. L’échec du 2 décembre est dû à une impréparation, une journée isolée et sans perspective. Une stratégie de « pression parlementaire », ne construisant aucune opposition à Macron-Lecornu-Patronat laissant le champ libre à l’offensive austéritaire. Les confédérations persistent à expliquer que : « Rien n’est encore joué, car le débat budgétaire durera jusqu’à mi-décembre. C’est le moment d’amplifier nos mobilisations de la rentrée pour mettre la pression pour obtenir la justice sociale, fiscale et environnementale dans ce budget ». Ou bien « Il est encore possible de faire entendre notre voix auprès des parlementaires ! ». Une illusion sur les négociations parlementaires et un manque total d’analyse de classe du combat mené par le capital et ses valets contre les travailleurs, les retraités, les précaires, la jeunesse pour toujours plus de profits. C’est aussi, sans surprise, la capitulation complète de FO et de la CFDT qui se rendront à Matignon pour rencontrer Lecornu ! Toutes les organisations confédérales donnent des gages au pouvoir afin d’assurer la « stabilité » du pays. Une stratégie calquée sur celle du PS et du PCF.
Il est extrêmement urgent de construire un véritable plan de bataille pour affronter Macron-Lecornu-le patronat.
Exiger le retrait du budget sans négociation, refuser la politique de guerre, les annonces guerrières et les sommes faramineuses accordées à l’armée, prises sur le budget de la fonction publique.
 
Imposer notre agenda, nos revendications et construire un vrai rapport de force.
La semaine dernière a été marquée par des mobilisations très importantes en Belgique et en Italie… le mouvement ouvrier français doit imposer un plan de bataille offensif articulant hausse des salaires, pensions, prestations sociales, emplois et dégager l’austérité et l’objectif de guerre de Macron.
Il est hors de question de subir le calendrier fixé par Bruxelles et l’E.U, concentrons nous sur notre efficacité, nous sommes le nombre, imposons nos objectifs, on ne veut pas de leurs miettes.
Le patronat et le gouvernement ne connaissent que le langage du rapport de force et de classe, seule la paralysie de l'économie et de la société tout entière, dans la durée, les fera céder et reculer.
Il est temps de #toutbloquer et de #ToutReprendre, d’imposer la rupture avec le capitalisme, son exploitation et ses guerres.
Notre brochure
brochure
 
Bulletin d'adhésion
bulletin d'adhésion
 
Affiche
affiche